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"Follow me ». C’est ce que le Dodo suggère à la jeune héroïne d’Alice au Pays des merveilles. C’est aussi la réponse favorite d’Alain, alias LeCieldeNantes, quand on lui demande à quoi mène sa démarche. « Suivez-moi, vous verrez bien », sourit-il.
Depuis le 14 février dernier, ce Nantais trentenaire poste tous les jours, sur Internet, une photo du ciel de Nantes, qu’il a prise depuis son téléphone portable. À chaque fois, il ajoute une phrase poético-mystérieuse à son cliché : « Une courte promenade », « George V », « Ils partirent à Tanger » ou encore « Presque rien n’est une sottise ».
Une bande-annonce
Les ciels d’Alain ne sont, pour lui, qu’une bande-annonce à un message qu’il ne délivrera qu’à la fin de cette drôle de météo en ligne. « Mes photos sont un récit qui attend un épilogue », raconte-t-il, ravi de faire languir ses suiveurs.
« Après les ciels, je vais faire quelque chose qui va mettre un sens à l’ensemble ». Quoi ? Il n’en veut rien dire, mais glisse que l’inspiration de sa démarche, « c’est Barbara », qui a justement chanté « Le ciel de Nantes/rend mon cœur chagrin ». Il dit aussi vouloir faire réfléchir à la communication « qui nous rend aujourd’hui tous suiveurs ».
En attendant, la photo quotidienne d’Alain est un petit moment plein de charme, un rendez-vous hors du temps qu’on se surprend vite à attendre tous les matins.
Guillaume Lecaplain
guillaume.lecaplain@presse-ocean.com
Des petites boîtes qui montent » et qui n’arrêtent pas d’évoluer ! Ce collectif, composé de 120 entrepreneurs nantais et nazairiens, s’est créé il y a deux ans avec pour objectif de former un réseau et développer un panel de services plus large afin de toucher davantage de clients.
À l’image d’une véritable famille, des décorateurs, des créateurs, des informaticiens, des rédacteurs, des photographes, et autres professionnels, coopèrent, s’entraident, communiquent et travaillent ensemble. Ce qui les réunit ? Leur complémentarité. Très souvent, certains s’associent pour répondre à des appels d’offres ou décrocher des marchés. « Ensemble nous sommes plus forts. L’union donne une dynamique à notre activité. Nous sommes plus motivés et plus confiants. C’est plus facile d’entreprendre à plusieurs que seul », explique Delphine Letut, photojournaliste d’entreprises et membre du collectif.
Plusieurs visages, un blog
« Des petites boîtes qui montent » vient de lancer son blog. Un outil indispensable quand on souhaite se faire connaître. « Le blog nous permet de bénéficier d’une visibilité plus importante et de communiquer sur nos activités », déclare une des rédactrices responsable du blog. Des portraits d’entrepreneurs, leur actualité, des thèmes liés au monde professionnel sont développés grâce à ce site Internet. Il permet à ces jeunes chefs d’entreprises de pouvoir faire valoir leurs compétences, leurs identités et leurs parcours. Des entrepreneurs qui s’entraident : une belle démonstration de solidarité dans un secteur très concurrentiel.
Pauline Huaumé
Il n’est pas du genre à raconter sa vie. Quand Yves Monteil, 35 ans, alimente son blog, c’est pour rendre un service. Donner une info, ouvrir un débat, permettre d’échanger. Citizen Breil, qui fête ses trois ans, est devenu un véritable média pour les habitants du Breil.
Yves est un des piliers de Takapres, une association de solidarité basée au cœur des HLM de ce quartier nantais. « Après les émeutes dans les banlieues, en 2005, 20minutes.fr a lancé un blog depuis la ville de Bondy, raconte-t-il. Ça m’a donné l’idée ». Yves a souhaité ouvrir un site « citoyen » : c’est-à-dire « ouvert à tous, avec des infos qui souvent ne sont pas relayées par les médias traditionnels ».
Sur Citizen Breil, il invite les femmes de l’association à partager une recette par mois. Lors des élections législatives, Yves ouvre un forum sur l’immigration : habitants, membres de l’association et élus y débattent. Il poste les photos de la fête du quartier. Il publie des infos sur l’emploi. Il crée des revues de presse sur les faits divers qui parfois agitent le quartier. En bref, il crée du lien. « Le blog est un pied de nez à la presse traditionnelle. Là, les infos vont plus vite et sont plus proches des lecteurs », résume-t-il.
Yves, qui est aussi un passionné des nouvelles formes d’information sur le net, se tient au fait de tout ce qui se crée sur la toile. Son modèle, c’est rue89.com, le site fondé par Pierre Haski. « Citizen Breil est un peu son petit frère ».
Aujourd’hui, le blog regroupe 2000 visiteurs différents par mois, et commence à sortir du Breil. « Toujours en lien avec la politique, la culture urbaine et la citoyenneté », Yves y relate des nouvelles des Dervallières, du Champ-de-Mars… À terme, il voudrait recruter des personnes relais et faire de son site le réseau d’information de tous les quartiers nantais.
Guillaume Lecaplain
Il a l’œil affûté par des centaines d’observations. Jean-Luc Gasnier a 55 ans, dont 40 d’ornithologie. Ce Nantais, manutentionnaire de métier, passe ses week-ends, ses pauses déjeuner, ses vacances, devant sa longue-vue.
Sa vie d’amoureux des oiseaux a pris un tournant décisif un jour de septembre 2004. « Je marchais en ville, raconte-t-il. Je suis passé par la place Foch. Autour de la statue de Louis XVI, je vois un groupe de pigeons affolés, poursuivi par un oiseau. » Jean-Luc n’a pas de doute : c’est un faucon pèlerin. « Totalement excité », l’homme scrute le quartier dans les jours qui suivent. Histoire de dénicher l’animal. Il découvre que le faucon pèlerin squatte le clocher de l’église Saint-Clément. L’oiseau est une femelle. Il la baptise Clémence.
Il l’observe tous les jours, note ses moindres faits et gestes. Car Clémence est un oiseau rare : le faucon pèlerin a failli disparaître en France, à cause des pesticides. « Dans les années 70, il n’en restait que quelques dizaines, explique François, ami et confrère en ornithologie de Jean-Luc. Aujourd’hui, et c’est bon signe, le pèlerin revient petit à petit ». Il y aurait un peu plus de 1 000 couples en France en 2009, en majorité dans les régions montagneuses. Jean-Luc décide de créer un blog où il publie toutes ses observations.
Le site est vite fréquenté par les passionnés de la région, qui finissent par constituer autour de Jean-Luc un groupe d’observateurs. Aujourd’hui Clémence semble avoir quitté Nantes. Mais l’équipe de Jean-Luc a trouvé mieux : un mâle et une femelle qui ont élu domicile dans le quartier industriel du pont de Cheviré. À l’approche du printemps, ces passionnés n’ont qu’un souhait : que le couple se décide à nicher à Nantes. Un évènement scientifique qui n’a pas été observé, dans la Cité des Ducs, depuis 1921.
Guillaume Lecaplain
« Je ne m’arrêterai jamais. Y aura toujours quelque chose à filmer ». Sébastien est un Nantais aux yeux ouverts. Au cours de ses nombreuses balades, il n’oublie jamais d’emporter son petit appareil photo activé en mode vidéo. Immeubles, églises, paysages, camions de pompiers, avions, routes, il filme tout.
« Je m’intéresse à plein de choses », sourit-il. Depuis moins d’un an, il a posté plus de 1 000 courtes vidéos sur Dailymotion, une plateforme de partage des vidéos sur Internet. Ce jeune homme de 28 ans
« adore les voyages ». Envoyer sur la toile ses vidéos de vacances, de week-ends ou de promenades nantaises était une façon, à l’origine, de pouvoir les revoir à sa guise. Et puis ça a marché.
« J’étais loin de penser que j’allais recevoir tant d’encouragements de la part des autres utilisateurs de Dailymotion. » Aujourd’hui, le compte où il range ses vidéos est devenu une vitrine. C’est
« le monde vu et entendu par un Nantais ». Au total, ses vidéos ont été vues plus de 60 000 fois. Il y a les fidèles : des passionnés, comme Sébastien, de hauts immeubles, des amateurs de voitures de police…
« Je ne vais pas parler de fan-club, mais je reçois beaucoup de messages », avoue ce grand timide qui, en public, aime se cacher derrière ses grosses lunettes noires. Les internautes lui lancent même des défis : il y aurait beaucoup de ronds-points à Nantes : Sébastien pourrait les filmer ? Pari relevé. Son public est aussi composé d’anciens Nantais qui aiment à se rendre compte de l’évolution de leur ville.
Des vidéos, sans paroles, sans musique, d’une minute maximum, suivies par des internautes du monde entier : Sébastien a une place à part dans le web nantais. Ses
« moments de la vie » ont la saveur de cartes postales.
Guillaume Lecaplainguillaume.lecaplain@presse-ocean.com
Le lapin s'échappe dans la forêt vers la maison de son papa et sa maman. En chemin, il rencontre un gentil loup qui lui fait des câlins et des bisous. » L'extrait est issu de L'Histoire du lapin. Cette bande dessinée est la première des histoires publiées sur le site Internet qui répond au curieux nom de Chien Tomate.
Damien et Cécile, Nantais, 34 ans tous les deux, animent ce blog depuis mars 2008. Ils y mettent en ligne, tous les deux mois, « des histoires de Jade, dessinées par son papa, mises en couleur par sa maman ». Quatre bandes dessinées sont déjà disponibles, dont les titres sont joyeusement naïfs, comme Les vacances du chien ou L'Anniversaire du cochon.
Sur le site, les visiteurs peuvent évidemment consulter les petits livres ou, s'ils veulent aller plus loin, télécharger - gratuitement - les images, les imprimer et, avec leurs enfants, s'amuser à fabriquer leur propre BD. Un vrai atelier bricolage à portée de clic. C'était d'ailleurs le but premier de Damien et Cécile. Infographistes de métier, ils voulaient faire partager à leur fille leur passion de la chose écrite. « On a essayé de lui faire comprendre comment on fait un livre : on commence par une histoire, puis on dessine, on colorie, enfin il y a des gens qui le fabriquent », détaille Damien. Et puis est venue cette idée de faire raconter à Jade sa propre histoire. « Mais une histoire structurée, insiste Cécile. C'est l'histoire de qui ? De quoi ? Comment elle se termine ? »
Les mots de Jade ont été notés, et c'est sous ses conseils que Damien a dessiné. « Je lui montrais mes croquis, en lui demandant : ton loup il ressemble bien à ça ? »
Scénariste et directrice artistique à 4 ans, Jade est aujourd'hui « très fière de ses livres », raconte sa maman. Avec la complicité de la maîtresse, elle fait de chaque nouveau volume une « lecture » publique devant tous ses camarades de maternelle. S'il vous plaît.
Guillaume Lecaplain