Qu'est-ce qui vous fait dire que la mobilisation va être très forte mardi ?
« Depuis un mois, nous sommes assaillis de demandes d'infos de la part de nos équipes. Durant l'été, on a distribué un tract à 30 000 exemplaires et on continue d'en retirer. Sur le terrain, nos militants sont très bien accueillis, beaucoup de salariés leur disent qu'ils manifesteront le 7. Tout cela me fait dire que ce sera plus fort que le 24 juin ».
Quel est le mot d'ordre de cette journée d'action ?
« Ce que nous demandons, c'est une autre réforme des retraites, plus juste et socialement acceptable.
Le projet du gouvernement est brutal. Sur la pénibilité, l'égalité hommes-femmes, les carrières longues, il ne résout rien. Sur le financement non plus. Or, on peut faire autrement ».
Pour autant, vous ne demandez pas le retrait du projet ?
« Le problème du retrait, c'est que derrière, on n'a rien. Or, une réforme des retraites est nécessaire si l'on veut sauver le système par répartition. Mais pas celle qu'on nous veut nous imposer aujourd'hui ».
Quel est l'objectif de cette journée d'action ?
« C'est de créer un rapport de force, de montrer au gouvernement que les salariés peuvent se mobiliser massivement pour exiger une autre réforme. En espérant qu'il finira par entendre le message ».
Vous misez aussi sur la mobilisation des politiques ?
« La CFDT a interpellé tous les parlementaires de Loire-Atlantique pour les mettre devant leurs responsabilités. On a un gouvernement qui est sourd, mais eux peuvent encore modifier le projet. Nous avons déjà rencontré Jean-Marc Ayrault, Marie-Odile Bouillé et François
de Rugy. Mais encore aucun élu UMP... »
Force Ouvrière n'a pas signé l'appel intersyndical. Vous le regrettez ?
« Ici comme au niveau national, FO est sur une position qu'on a un peu de mal Ã
comprendre. Je le regrette car, sur ce dossier des retraites, il est important de montrer notre unité. Vis-à -vis du gouvernement, mais aussi des salariés. Avec les autres syndicats, nous avons des points de divergence. Mais nous sommes arrivés à un compromis ».
Que va-t-il se passer après le 7 septembre ?
« Déjà , il faut réussir cette journée de mobilisation. Si le gouvernement n'en tient pas compte, il faudra envisager d'autres formes d'action pour maintenir la pression ».
La grève générale, comme le souhaite FO ?
« Le problème de la grève, c'est que cela a un coût pour les salariés. Et on n'a pas le droit d'emmener les gens dans le mur ».
Propos recueillis par Xavier Boussion