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vendredi 10 avril 2009 MER. Le « Normandie » était une bête de course aux techniques innovantes

Une thèse électrique

Pascal Robert recevra le prix spécial de la thèse décerné par Nantes métropole. Voyage au coeur des paquebots.


NANTES

Professeur à l'École nationale de la marine marchande de Nantes, Pascal Robert à toujours eu la passion des navires. Ceux d'aujourd'hui comme ceux d'hier. Plongeur expérimenté au sein du Groupe de recherches et d'exploration maritime, il va jusqu'à explorer les entrailles des épaves pour mieux en reconstituer l'histoire.

Explorateur d'épaves

Moins risqué, mais pas moins aventureux fut le travail de recherche qu'il a mené pendant plusieurs années. Il a disséqué « l'histoire des techniques électriques sur les navires civils au XIXe et début du XXe siècles Â» pour en faire une thèse. Passée avec succès il y a quelques mois à la faculté des sciences de Nantes, elle lui vaut aujourd'hui une nouvelle récompense. Pascal Robert recevra le 21 avril le prix spécial de la thèse de Nantes métropole.

Si le premier canot électrique navigua en 1838, ce n'est qu'au tournant du XXe siècle que les premiers cargos optant pour ce type de propulsion firent leur apparition. Mais le fleuron du genre reste le Normandie, lancé en 1935. « Les Chantiers de Penhoët voulaient se démarquer en construisant un transatlantique à la fois rapide et confortable Â».

L'avantage de la propulsion électrique par rapport à la propulsion thermique directe traditionnelle ? « L'électrique offre le meilleur compromis entre rendement du moteur et souplesse d'utilisation Â». Résultat pour les passagers : moins de bruit, moins de vibrations.

« Véritable Ferrari Â»

Le Normandie, capable d'atteindre les 30 noeuds, comme le Queen Mary 2 aujourd'hui, traversait l'Atlantique en quatre jours.

À l'époque le paquebot était un moyen de transport : sa rapidité était déterminante. « C'était une bête de course, une véritable Ferrari, le confort en plus Â», s'extasie Pascal Robert.

Éviter l'iceberg

Pour parvenir à ce résultat les chantiers nazairiens firent des prouesses. « Une usine électrique fut installée à bord. Elle aurait pu alimenter quatre états américains ou tout le métro parisien. Elle était la 4e plus puissante usine électrique d'Europe ! Le pari était osé Â».

Ce mode de propulsion offrait encore un autre avantage. Le naufrage du Titanic, en 1912, restait dans toutes les mémoires. « La souplesse de l'électrique permettait au Normandie de s'arrêter en moins d'1,5 km, en faisant machine arrière. Â» Une performance qui lui aurait permis d'éviter l'iceberg fatal... et que de nombreux navires pourraient encore lui envier aujourd'hui.

Jean-Philippe Lucas

 

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