Les salariés de GEA réfrigération France, entreprise basée aux Sorinières, ont débrayé pendant deux heures hier matin. Objectif :
« Monter leur détermination » devant le plan de restructuration annoncé dans cette société.
« La direction prévoit le licenciement de 37 employés alors que le groupe (*) fait des bénéfices, pointent les délégués du personnel. On dénonce aussi les conditions de départ, d'autant que certaines personnes sont à un ou deux ans de la retraite ». Ces conditions ont fait l'objet de négociations entre direction et comité d'entreprise hier. Des discussions que les deux parties ont jugées « positives » après un épisode houleux cet été. Une première négociation avortée avait crispé les relations dans l'entreprise. Une autre rencontre est prévue la semaine prochaine. Rappelons que GEA réfrigération France, spécialisée dans le froid pour l'industrie et l'agroalimentaire, emploie 312 salariés dans une trentaine d'agences. Le siège des Sorinières et l'agence de Nantes représentent 120 employés.
(*) Le groupe GEA emploie 20 000 personnes dans le monde pour un chiffre d'affaires de 4,4 milliards d'euros en 2009.
Le décor ? On ne peut plus basique. Une salle de réunion. Des tables et chaises, un ordinateur. Pas de fioriture, ni grand cérémonial. Ce soir-là, face au juge des libertés et de la détention (JLD dans le jargon des magistrats), c'est une mère de famille de 47 ans qui s'assoit, encadrée par deux gendarmes. La femme est accusée de tentative de meurtre, après avoir incendié le mobil-home dans lequel dormait son compagnon, à Héric.
« Tentative de meurtre »
Grièvement blessé, l'homme est dans un état critique. « Le juge d'instruction vient de vous mettre en examen pour tentative de meurtre, des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité », égrène Nathalie Matous, juge des libertés et de la détention, en charge de statuer sur l'éventuel placement en détention provisoire de la suspecte.
« On avait trop bu »
« Je n'ai pas voulu faire de mal à mon mari, se défend l'intéressée, d'une voix blanche. On avait trop bu la veille. Mon mari m'a frappée. Je voulais mettre le feu au mobil-home mais je ne voulais pas le blesser. » Son avocate Anne-Gaëlle Gonsse plaide en faveur d'un simple placement sous contrôle judiciaire : « Elle a un petit garçon de 8 ans dont il faut qu'elle s'occupe. Si on lui interdit d'entrer en contact avec son mari, il n'y a aucun risque de trouble. » Suspension de séance. Nathalie Matous délibère. Et tranche : la mère de famille doit partir en prison. « Les faits sont trop graves pour vous laisser sortir immédiatement, énonce la juge. On pourra envisager une remise en liberté plus tard mais pas en l'état. »
« Il n'a jamais connu la prison»
Le lendemain matin, c'est un jeune de 19 ans qui attend d'être fixé sur son sort. Il a été surpris en possession d'héroïne et de cannabi8s dans une chambre d'hôtel. « Je suis désolé de m'être fait entraîner dans ce trafic de stups, murmure-t-il piteusement, avant de mettre en exergue un possible boulot qui l'attend s'il recouvre la liberté. « C'est un très jeune garçon, il n'a jamais connu la prison, tente son avocat. Et puis il s'est révélé causant face aux enquêteurs, il a parlé avec beaucoup de franchise. »
« Pour éviter les concertations »
C'est Marc Fricoteaux qui opère sur ce dossier comme juge des libertés et de la détention. Il ordonne l'incarcération du suspect. Mais trouve les mots qui rassurent : « On ne va vous garder de longs mois, promet-il à l'adresse du jeune majeur. Le but, c'est de protéger l'enquête et d'éviter toute concertation avec vos complices. » Dans les couloirs, un avocat soupire : « Ici, c'est le dernier arrêt possible avant la prison. Parfois, ça fait l'effet d'un électrochoc. Le client qui sort libre a senti qu'il était à deux doigts de se retrouver enfermé. »
Yan Gauchard