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Le trafic à Nantes






« C'est un énorme chantier »

samedi 05 décembre 2009

- Sports

  • Bien qu'animé par la farouche volonté de faire remonter le FCN, le successeur de Rohr ne perd pas pour autant sa lucidité.

    Pourquoi avoir accepté le challenge nantais ?

    Jean-Marc Furlan : « Parce qu'il y a une culture, une histoire. Il y a aussi des infrastructures, un environnement et un public passionné de football. Quand vous êtes au chômage, très franchement, ça ne se refuse pas. »

    Sauf qu'à l'heure actuelle, cela peut paraître suicidaire...

    « Lorsque je suis arrivé à Strasbourg, le discours était le même. Si on ne relève pas les challenges, on ne fait pas ce métier. Vous savez quand vous faites le tour : ce n'est pas le FC Nantes qui est compliqué. C'est le football actuel, la société.

    « Évidemment, la moitié des gens que j'ai consultée avant de signer m'a dit : « Ne va pas dans cette fournaise, le vestiaire est pourri. » Mais après, il faut faire quoi ? Se dégonfler ? Ce n'est pas la peine d'entraîner si vous avez peur de l'échec. Je mesure la difficulté. C'est un énorme chantier. Dans vos yeux, je lis : « Il va se planter. » Il faut être courageux. »

    Comptez-vous renforcer le groupe ou, à l'inverse, le délester ?

    « Observons d'abord la qualité des garçons et leur envie. Cela dit, un des paramètres rédhibitoire pour échouer, c'est le nombre de joueurs. Il faut un groupe de 25-28 joueurs. On s'y penchera au fur et à mesure... Ce n'est pas en trois, quatre séances que je vais tout changer. »

    Quelle va être votre méthode de travail ?

    « Il faut bien sûr de la discipline. Mais le plus important est de faire confiance à l'humain. »

    Aurez-vous les mains libres sur le plan sportif ?

    « Vous allez apprendre à me connaître (sourire). J'ai du caractère, même si je suis quelqu'un d'extrêmement sympathique...

    Je suis certain d'avoir les mains libres. »

    Que retenez-vous de votre premier entraînement ?

    « Les joueurs ont la tête un peu basse. Ils n'ont pas les yeux qui pétillent de joie... C'est souvent comme ça quand un club n'a pas les résultats espérés. Ils se demandent ce qui va se passer avec le nouvel entraîneur. Tout le monde est un peu morose. Il faut absolument réagir ! « Il faut reprendre l'idée de réussir ensemble, l'idée de sacrifice. Jusqu'à la trêve ça va être délicat pour eux et pour moi. Mais j'espère que le talent fera la différence. Les joueurs doivent croire en leurs forces. J'ai confiance en eux. »

    Sur quoi avez-vous particulièrement insisté ?

    « Sur le principe de solidarité. Et, également, sur les temps de transition dans le jeu. J'ai dit aux gars : « Qu'est ce qui se passe au moment où on perd la balle ou lorsqu'on la gagne ? » Cette phase est fondamentale. Et il y a ici un très gros progrès à faire. »

    La qualité de jeu, justement, fait-elle partie de vos priorités ou est-ce encore trop tôt ?

    « L'histoire du football est telle qu'il ne peut pas y avoir d'équipe pérenne sans qualité de jeu. Surtout à Nantes. C'est incontournable ! Je me bats pour ça ! Mais il faut du temps... »

    Et, en terme comptable, quel être votre but ?

    « Forcément de terminer dans les trois premiers. (Il réfléchit) Même champion ! Bon, j'avais aussi avancé ça à Strasbourg et j'ai terminé quatrième... Nantes doit être en Ligue la saison prochaine. »

    Est-ce que certains joueurs, comme il se murmure, vont être écartés ? Jean-Jacques Pierre, notamment ?

    « Je m'attendais à la question et la réponse est non ! Simplement, je dis : « Attention à la concurrence ! »

    Il faudra que chacun soit à la hauteur. Le football a changé.

    Lorsque je jouais, nous n'étions que 14 ou 15 à évoluer et on faisait 40 matches par an !

    Désormais, il faut accepter le turnover. Qu'on s'appelle Zerka, Darcheville ou n'importe qui. »

    Les compteurs sont donc remis à zéro ?

    « Évidemment. »

    Comptez-vous vous appuyer sur les jeunes ?

    « C'est une question qu'on se pose avec le staff... Mais, pour le moment, je vais jouer la sécurité. »

    Dans l'effectif, il y a des joueurs que vous ne connaissiez pas ?

    « Honnêtement, oui. »

    Lesquels ?

    « (Il prend la liste) Bekamenga, par exemple, dont on me dit beaucoup de bien. Plus cinq ou six jeunes... Gravgaard également, je ne connaissais pas sa valeur. »

    À l'inverse, avez-vous identifié ceux sur qui vous souhaitez vous appuyer ?

    « Oui. J'espère que ceux qui ont déjà été capitaine - Zerka, Darcheville, Shereni - seront des cadres. Je le souhaite vraiment.

    Il faut qu'ils assument un rôle d'exemple. C'est indispensable ! J'espère qu'on va découvrir un groupe avec quatre, cinq mecs leaders dans le vestiaire et sur le terrain. »

    Qui allez-vous désigner capitaine ?

    « J'ai l'habitude de respecter et de ne pas cracher sur ce qui a été fait. Je vais donc respecter ce qu'a fait Gernot et observer. Je ne veux pas choquer encore plus le groupe... »

    Sauf que votre prédécesseur a beaucoup hésité ces derniers temps...

    « Ah bon ? (Silence) C'est dommage, mais c'est un bon indice. Le rôle de capitaine est primordial. Il faudra vite le désigner. »

     
     
     
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