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Le trafic à Nantes






« Ici, je repars de zéro »

mardi 13 octobre 2009

- Sports

  • + Notre dossier FC Nantes

    Actuellement en sélection (*), le jeune gardien slovaque Lubos Kamenar, au Français balbutiant, fait le point.


    Son parcours

    « J'ai toujours fait du sport : tennis, tennis de table et même kick-boxing. Petit, mon grand frère m'a mis dans les buts. C'est peut-être grâce à lui que je suis devenu gardien...

    « Jusqu'à présent, partout où je suis passé, j'ai toujours dû confirmer mes qualités, montrer que je méritais ma place. C'est pareil ici. Pour l'instant, ma carrière est bonne. J'ai progressé pas à pas. Pour la suite, on verra.

    « Mon club préféré ? Depuis tout petit, je rêve de jouer à l'Inter de Milan. J'ai toujours admiré Francesco Toldo. Mais, actuellement, j'apprécie aussi beaucoup Petr Cech (Chelsea). »

    Sa situation

    « Je ne me sens pas comme un privilégié. C'est plutôt le regard des autres qui me fait sentir cela. Bien sûr, je gagne bien ma vie mais j'essaie de vivre modestement. Je ne jette pas l'argent par les fenêtres. Mes parents ont toujours été respectueux de cela. D'ailleurs, je veux leur rendre tout ce qu'ils m'ont donné. Je ne sais pas encore sous quelle forme.

    « Mon père est très fier mais également mon grand-père. C'est un fan de foot et il a toujours été présent à tous mes matches. Ce qui m'inquiète ? Ne pas pouvoir être auprès de mes grands-parents. »

    Son intégration

    « À mon arrivée, j'ai dû fredonner une chanson d'un groupe populaire slova-que, Elan. C'était nouveau pour moi. Je ne suis pas habitué à chanter (rires) ! « Je suis assez timide. Je me suis bien intégré mais il y a toujours quelques problèmes de langue. Je commence à m'habituer et à bien connaître la ville. Je suis à l'aise ! J'ai trouvé un appartement dans le centre où j'aime bien me promener avec ma fiancée. Elle apprécie beaucoup l'endroit. J'adore y manger des pizzas (rires). Sinon, j'aime beaucoup aller à la mer. Dès que j'ai un moment de libre, je vais vers Pornic, la Baule. Cet été, je me suis baigné plusieurs fois.

    « Bien sûr, la Slovaquie me manque Après, niveau nourriture, il n'y a pas de grande différence. J'ai goûté le vin, j'ai bien aimé (rires) ! »

    Son rapport au Français

    « Je lis un peu la presse. Au début, je ne regardais que la météo (sourire). Je connais maintenant très bien la carte de France ! Je feuillette les pages sports des journaux. J'arrive à comprendre quelques petites choses. Je continue d'apprendre le Français.

    « Après, sur le terrain, il y a des consignes que je comprends facilement. On n'a donc pas besoin de beaucoup communiquer. Si j'ai à le faire, j'essaie de m'exprimer en français. Et si je ne connais pas les mots, je choisis l'anglais. Je peux aussi parler avec Filip (Djordjevic). On se comprend bien. »

    Sa progression

    « La concurrence existe mais l'ambiance entre nous est très bonne. Tout le monde s'entraide. Ça se passe très bien.

    « Le problème, c'est qu'ici, le terrain est mouillé avant le match et, du coup, le ballon est plus glissant. Ça complique la tâche. C'est une chose que le public ne voit pas forcément. En France, je pense qu'il faut surtout repousser le ballon plutôt que d'essayer de le bloquer. Quand je regarde des vidéos, je constate que beaucoup de gardiens, en France, ont ce même problème. C'est une habitude à prendre.

    « J'ai progressé car on travaille beaucoup. Ça m'aide à avancer. On a même commencé à s'entraîner en salle de musculation. Ce que je dois améliorer ? Tout (sourire) ! Je ne peux que progresser. »

    Son nouveau statut en Slovaquie

    « Chez moi, j'étais déjà gardien professionnel à 18 ans. J'avais une certaine renommée. Il était nécessaire que je parte. Même si tout ce qui est nouveau fait un peu peur, non ?

    « Ici, en France, je suis inconnu. Je repars de zéro. Petit à petit, ça va dans la bonne voie. Aujourd'hui, je me sens plus à la hauteur. Désormais, quand je rentre au pays, je peux vous certifier que je suis beaucoup plus connu qu'avant.

    « Le Mondial : j'espère y aller (la qualification se joue demain soir en Pologne). L'équipe nationale a soif de cela. Pour un petit pays comme le nôtre, ça serait déjà une victoire d'y être. »

    Propos recueillis par Jean-Yves Queignec


    (*) Entretien réalisé avant la dernière journée de championnat et traduit par Edita Emeriaud.

     
     
     
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