Loïc est un battant. Et sportif avec ça. À 25 ans, il pratiquait sans compter foot, karaté et athlé. Jusqu'à cet accident de moto, son autre passion.
« Voilà comment je me suis retrouvé paraplégique. Je n'ai pas réalisé tout de suite. À l'hôpital, je regardais les personnes en fauteuil roulant sans vraiment penser que moi aussi, j'allais en avoir un. On espère toujours ». Mais une fois la nouvelle tombée, le Chapelain n'a pas baissé les bras pour autant.
« Je n'ai même jamais pensé à arrêter le sport. Pendant ma rééducation, on faisait de la natation. Et puis, il y a des gars handicapés qui sont passés. Ils nous ont raconté qu'ils faisaient de la course fauteuil. On m'a prêté le matériel et je me suis lancé ».Un matériel spécifique
A genou dans son fauteuil à trois roues, armé de gants spéciaux, il a appris la technique si spécifique aux coureurs.
« Pendant la course, on frappe d'un coup sec sur les mains courantes pour prendre de la vitesse ». Du matériel sur mesure plutôt coûteux.
« À
3 000 € le fauteuil, je n'avais pas les moyens de m'en payer un, et puis j'ai eu de la chance et j'ai gagné mon équipement lors d'un tirage au sort ». Après ça, Loïc a multiplié les marathons. Paris, Berlin, la Suisse. À deux reprises, il a fini premier à Nantes.
« Et je ne compte plus les semi-marathons tous les week-ends ! »De jolis souvenirs pour un sport difficile, parce que solitaire.
« Nous ne sommes que trois dans le département à faire ça. C'est ce que j'ai trouvé le plus dur : on s'entraîne seul, sans partenaires ni coach. Et puis pour éviter de tourner en rond sur une piste, il n'y a que la route pour courir. Et ça reste plutôt dangereux..
» À 44 ans, Loïc a laissé temporairement son fauteuil de course de côté.
« Je fais du kayak, de la natation et, surtout, j'ai bricolé un side-car pour pouvoir à nouveau remonter sur une moto ». L'un des rêves de Loïc s'est ainsi réalisé.
Donner l'envie à d'autres« Mon autre espoir serait de voir une section handisport se monter au club d'athlé de La Chapelle. Pour pouvoir pratiquer à plusieurs ». Mais pour ce faire, il faudrait
« plus de participants, plus de moyens et des éducateurs sportifs formés au handicap ». C'est pourquoi le Chapelain a foncé, à l'annonce de l'organisation de la première journée Handi'Chap. Samedi, au côté de Julien Grégoire, il animera l'atelier athlétisme, à 11 h et 15 h 30, au stade du Buisson de la Grolle.
« Une manière pour les invalides et valides de se sensibiliser à la course fauteuil et au handibike ». Et de susciter des envies.
Sophie Trébern
sophie.trebern@presse-ocean.comRepères15 000 €C'est la somme récoltée par l'Office municipal des sports et la ville, via les sponsorts de Handi'Chap, destinée à la formation d'éducateurs sportifs pour les personnes handicapées.