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Gernot Rohr : « Je pouvais y arriver »

vendredi 04 décembre 2009

- Sports

  • + Notre dossier FC Nantes

    Le désormais ex-entraîneur nantais quitte le club avec regrets mais sans aucune animosité. Ultime entretien.


    Comment s'est déroulée cette dernière journée ?

    Gernot Rohr : « Elle s'est passée normalement... Je suis arrivé tranquillement à la Jonelière pour préparer l'entraînement.

    Ensuite, j'ai essayé de communiquer, avec un peu d'élégance, sur le fait que c'était ma dernière séance. J'ai dit au revoir au staff, aux joueurs, puis nous sommes sortis. J'ai alors vu un beau soleil, alors que la météo annonçait de la pluie (rires)...

    « On a travaillé en deux groupes, de manière sérieuse. Je me après rendu, une ultime fois, dans mon bureau. J'ai passé quelques coups de fils, ramassé quelques affaires dans mon placard, et je suis parti. »

    Quand avez-vous appris que vous n'étiez plus l'entraîneur du FCN ?

    « Tard, mardi soir. J'ai reçu un coup de fil de M. Kita... Le communiqué du club est clair sur ce point, je n'ai rien à ajouter.

    Nous nous sommes quittés en bons termes avec le président ; dans une situation de respect mutuel. Vous ne m'entendrez jamais dire du mal de lui. Ni des joueurs d'ailleurs. »

    Vous devez, tout de même, avoir des regrets ?

    « Je suis quelqu'un de relativement serein. Je sais faire la part des choses. Mais, oui, fatalement, j'ai des regrets.

    Puisque je pense que je pouvais y arriver. J'ai essayé d'inculquer à cette équipe une dose d'humilité. Je pensais lui avoir insufflé. Malheureusement, après un très bon début, j'ai vu le danger revenir. »

    Comment ça ?

    « On a recommencé... Puis, des petites choses sont venues se greffer, vous les connaissez (sortie houleuse d'Abdoun contre Guingamp, déclarations de N'Diaye, ndlr)... Sans compter les blessures, ceux qui ne pouvaient pas s'entraîner normalement. C'est vraiment dommage.

    « Car, dans l'ensemble, ce groupe n'est pas si mauvais. Contrairement à ce que les résultats - ou certaines mauvaises langues - veulent dire... »

    Mais teniez-vous encore votre vestiaire ?

    « (Silence) On s'est retrouvé dans une situation difficile... Il y a eu un manque de sérénité.

    De solidarité, même... Seulement, je vous le répète, j'ai toujours eu le sentiment qu'on y arriverait.

    J'ai formulé, à chaud, mardi soir à Sedan (3-0) que les joueurs m'avaient lâché. Réflexion faite, je crois qu'ils ont lâché le match, pas l'entraîneur.

    C'est en tout cas ce que beaucoup m'ont dit. Je les crois volontiers... « Maintenant, pour valider notre « opération remontée », il aurait fallu corriger beaucoup de choses. Nous avons connu de terribles enchaînements d'erreurs défensives... Le but aurait été de retrouver la rigueur du début de saison. On avait, quand même aligné onze matches sans défaite (du 14 août au 27 octobre). »

    En voulez-vous à certains ?

    « (Ferme) Non, non, je n'en veux à personne, ce n'est pas ma nature. Et surtout pas au président Kita. C'est une personne qui veut tellement bien faire... »

    Connaissez-vous, personnellement, votre successeur ?

    « Bien sûr ! Nous avons joué ensemble aux Girondins de Bordeaux à la fin des années 70. Puis, je l'ai côtoyé lors de ses débuts d'entraîneur à Libourne-Saint-Seurin. Jean-Marc est quelqu'un de bien. Il a toutes les qualités requises pour réussir à Nantes. »

    Au final, que retiendrez-vous de votre expérience sur les bords de l'Erdre ?

    « Oh, que les bonnes images. J'ai cette faculté d'évacuer les mauvais souvenirs (rires). Que dire ? (hésitation) Je pense à la bonne ambiance qui a régné à la fin de l'été.

    Le fait que nous ayons su, à moment donné, retourner le public nantais - très hostile lorsque je suis arrivé -, offrir de belles choses. Je garderai également en mémoire certaines rencontres humaines. Il y a quand même des gens bien dans ce club (silence)... »

    Et maintenant, qu'allez-vous faire ?

    « (Rires). Rassurez-vous, ça va aller ! Je vais d'abord rester à Nantes quelque temps afin de m'occuper de ma petite famille, qui devrait bientôt s'agrandir... J'en profiterai également pour commenter un peu plus de matches de Bundesliga sur Orange. Puis, je rejoindrai la région bordelaise. »

    Ensuite...

    « L'avenir me le dira. En tout cas, j'espère bien vous revoir tous prochainement ! »

    Propos recueillis par Etienne Kiss

     
     
     
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