« La Ligue A ? On n'y pense pas trop »
mardi 19 janvier 2010
- Sports
Thierry Rose plancherait-il déjà sur la saison prochaine ? Pas impossible...
Volley-ball. Le président nanto-rezéen refuse de s'enflammer à l'idée de rejoindre l'élite. Pour autant, il ne reste pas les bras croisés.
Étiez-vous au match samedi soir à Chaumont ?
« Non. Avec Pierre Belleil (co-président), on a suivi ça sur internet. À la fin, j'ai essayé d'imaginer les images de joie qu'ils ont dû vivre. Car ils n'étaient que 10 dans une salle de plus de 900 spectateurs. Ils ont dû se sentir seuls. C'est fort. Depuis le début, ils le voulaient ce match. »
Désormais, vous ne pouvez plus vous cacher. Vous filez vers la Ligue A ?
« Non. On file vers l'objectif fixé en début de saison, à savoir le maintien. C'est la priorité. En sachant que de gros matches nous attendent (Asnières, St-Nazaire, St-Brieuc). Chaque semaine va être terrible. L'autre but, c'est de remplir les salles. Pour l'instant, ça se passe bien. Il faut que ça continue. Aujourd'hui (hier), on a eu beaucoup de mails de félicitations, même de clubs de Ligue A. Ils sont attentifs à ce qui se passe, certains (Rennes, Poitiers et Tours, ndlr) parlent de derby... Nous, on n'y pense pas trop. On pense surtout à continuer à promouvoir le volley sur la métropole. »
Il n'empêche, dans trois mois et demi, c'est la fin du championnat. Vous devez quand même anticiper...
« En ce moment, ce qu'on anticipe, c'est la gestion de nos joueurs. On travaille sur ceux que l'on veut garder. Et on a déjà commencé à mettre des options sur un certain nombre de joueurs. Mais c'est plus dans une optique de bien repartir la saison prochaine. »
Faisons comme si. Quel budget faut-il avoir pour fonctionner parmi l'élite ?
« Il faut 1,3 M € soit, grossièrement, trois fois ce qu'on a aujourd'hui (400 000 € dont 60-65 % émanant des institutionnels). La barre est très, très haute. »
Comment faire pour trouver l'argent nécessaire ?
« En continuant ce qu'on fait depuis 20 ans. Maintenant, sur le plan institutionnel, on a décidé d'élargir à une dimension métropolitaine parce qu'on sait qu'en termes économiques et d'échelle, on avait besoin de davantage de surface. Une seule commune, ce n'est pas évident. Désormais, l'objectif est d'aller un peu plus loin. Le volley n'est-il pas une belle vitrine pour la métropole ? À côté de ça, on va essayer de ramener les entreprises, les grandes écoles et tous ceux qui se sentent une fibre métropolitaine. »
On peut lancer un appel...
(sourire) « Vous pouvez lancer ce que vous voulez. Je veux que ça continue. Depuis 20 ans, tellement de gens ont fait des efforts, tellement de joueurs - formés ici - sont pros dans d'autres clubs qu'on aimerait les récupérer. »
Pensez-vous que les institutionnels seraient prêts à augmenter leurs subventions ?
« Je ne sais pas ce qu'ils pensent aujourd'hui. Ils sont très contents de ce qu'on fait et nous disent de continuer. Ils savent aussi qu'il faut être prudent. On l'est. On les a rencontrés. Ils sont au courant de la situation... »
Côté infrastructures, en cas de montée, vous seriez peut-être obligé de vous exiler...
« Oui. Je ne sais pas. Il y a de beaux outils sur la métropole. Il faut aussi être intelligent. Utilisons les salles existantes, essayons de bien nous accorder avec nos autres confrères. Concrètement, on peut jouer partout. Dans des salles certifiées. Ça peut être à Arthur-Dugast - un très bon produit (700-800 personnes) -, le petit Beaulieu, Mangin peut également être habilité... Enfin, on n'en est pas là. Si on peut continuer à travailler avec nos spectateurs, qui viennent de partout et notamment des Pays de Loire. En fait, on est ancré avec tous les quartiers. On joue pour les gens de St-Herblain, de Carquefou et même de Vertou. C'est plutôt sympa ! »
Dans vos rêves les plus fous, vous ne vous voyez pas jouer à Mangin-Beaulieu devant 2000 personnes...
(sourire) « Je me vois avec plein de Nantais et Nantaises applaudir, ça, oui, c'est évident ! Ce sport est tellement spectaculaire. »
En marge du football, du handball, du basket, est-ce qu'un grand club de volley a sa place à Nantes ? Est-ce viable ?
« Un grand club de volley a sa place à Nantes. Pour plusieurs raisons. Déjà, ce club est issu de deux formations très spécialisées et reconnues sur le plan de la formation. Ensuite, le volley est un sport universitaire. Nantes est bien représentée en termes de campus et de grandes écoles. Enfin, c'est un sport très sympathique, sans confrontation physique. Ça plaît à beaucoup de gens. On doit continuer à leur faire plaisir. »
Recueilli par Jean-Yves Queignec