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Le trafic à Nantes






« La remontée n'est pas acquise »

mercredi 25 novembre 2009

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    Au sortir d'un mois catastrophique, le président, conscient des difficultés actuelles, sort de son silence. Il prône la solidarité.

    Contacté avant-hier, Waldemar Kita, muet vis-à-vis de notre titre depuis deux mois, a accepté le principe d'une interview. À une seule condition : que celle-ci se fasse par échange de courriels. En voici l'exacte retranscription.

    Pourquoi accepter cet entretien ?

    « Nous devons une explication aux supporters, aux médias, aux partenaires. Cela fait partie du job même si je préférerais me taire dans de pareils moments. »

    Comptez-vous être plus présent lors de ces prochaines semaines ?

    « J'entretiens avec les entraîneurs comme avec les joueurs une relation forte. Ils me trouveront toujours à leurs côtés dans la difficulté. Le FC Nantes est mon quotidien. Il représente 99 % de mon temps professionnel. Je suis en relation quasi permanente avec la direction générale, le staff technique. Nous multiplions les échanges avec Gernot Rohr. Le football est une activité humaine qui réclame une écoute attentive. Je m'y emploie de 9 h jusqu'à minuit. »

    Avec un peu de recul, que vous inspire cette élimination à Concarneau (CFA2) ?

    « La confiance s'est effritée. Sans confiance, il ne faut rien espérer en football ou en sport. Quand une équipe est fragilisée, le moindre grain de sable enraye la machine. Le doute s'est installé, l'adversaire l'a senti et en a profité. »

    Il y a de quoi être inquiet, non ?

    « Je rappelle que nous avons enchaîné une série de 11 matches sans défaite, que nous avions retrouvé une qualité de jeu durant l'été et que nous occupons la 4e place de la L2. »

    On ne sent pas de révolte, pas d'âme dans cette équipe...

    « Je n'ai rien à reprocher aux joueurs quant à l'état d'esprit. Ceux qui ont joué au football savent combien le mental est décisif. Notre équipe est fragilisée. Elle a besoin de soutien. La relation forte dont je vous parlais tout à l'heure doit s'exprimer dans l'union. Ne comptez pas sur moi pour jouer les Pères Fouettards. Au contraire ! Je le dirai aux joueurs vendredi : libérez-vous ! Faites-vous confiance ! Reprenez du plaisir ! »

    On a l'impression que votre discours au soir de Guingamp n'a pas servi à grand-chose ?

    « J'avais alors senti une démission. Je suis intervenu pour cela. La défaite de Concarneau est différente. Il n'y a pas eu renoncement. »

    Croyez-vous toujours à la remontée immédiate ?

    « Elle est possible. Elle est souhaitable. Mais elle n'est pas acquise. »

    Gernot Rohr est-il menacé à court terme ?

    « J'ai confiance en lui. Si je sentais que Gernot était démuni ou si lui-même concluait à un divorce avec l'effectif, nous prendrions une décision ensemble. Je ne crois pas que nous en soyons là. Je parle chaque jour avec lui et nous partageons les mêmes analyses. Gernot Rohr possède la compétence, l'expérience et la sagesse. »

    Quel discours avez-vous eu avec lui dimanche soir ?

    « Que voulez-vous dire ? Nous avons commenté cette défaite. Rien de plus. »

    Sur quels leviers, désormais, allez-vous vous appuyer pour susciter une réaction d'orgueil ?

    « Il ne s'agit pas d'orgueil : celui-ci est intact. En revanche, nous devons avancer ensemble. Le football est un jeu collectif qui réclame solidarité, abnégation, courage, dépassement de soi. Je crois qu'il faut travailler : plus et mieux ! S'il faut doubler les séances d'entraînement, Gernot Rohr le fera. »

    Allez-vous voir les joueurs avant Châteauroux ? Qu'allez-vous leur dire ?

    « Je leur dirai de croire en eux comme je crois en leur possibilité. Pour gagner, il faut le vouloir. La vie est parfois très simple. »

    Vendredi, ne craignez-vous pas un renversement de tendance de la part des supporters si, par malheur, ça se passait mal ?

    « Il existe à la Beaujoire un climat qui empoisonne le stade. Les joueurs ont besoin du public pour réussir. L'autre jour, Julien Benneteau a sorti Roger Federer parce que Bercy était derrière lui. Ce n'est pas un hasard si l'équipe de France a remporté le Mondial quand elle a organisé la Coupe du monde. Le sportif se surpasse si le public est avec lui. Je ne peux que regretter qu'une minorité s'en prenne à moi ou à ma famille, réclame en permanence mon départ. Ces gens se trompent de cible : ils affaiblissent le FCN, ils déstabilisent les joueurs. »

    Sincèrement, vous n'en avez pas marre de tout ça (résultats chaotiques, public hostile...) ?

    « Peu importent mes états d'âme ! Je suis le président : j'assume ! »

    Songez-vous à partir ?

    « Non. »

    On entend à nouveau parler de rumeur(s) de rachat. Qu'en est-il concrètement ?

    « Vous avez dit vous-même le mot : rumeur. »

    Allez-vous recruter au mercato d'hiver ? Si oui, combien de joueurs et à quels postes ?

    « Nous n'en sommes pas là. Il reste cinq matches avant la trêve : trois à domicile, deux à l'extérieur. Le 22 décembre, nous ferons le point. »

    Vous aviez dit, la saison passée, perdre environ 1 M € par mois. Est-ce la même tendance actuellement ?

    « Mon expérience dans le football m'a appris une chose : moins on parle d'argent, mieux on se porte ! Le public se moque de l'envers du décor, des investissements ou de l'entreprise FC Nantes. Le public veut du spectacle et des victoires. Tout le reste est littérature. Est-ce que le FC Nantes perd de l'argent ? Évidemment ! Est-ce que j'assume les déficits ? Évidemment ! »

    Enfin, on est à un mois de Noël. Seriez-vous prêt à faire le Père Noël lors du traditionnel arbre du club ?

    « Pourquoi pas ? Mais j'ai peur de ne plus avoir grand-chose dans ma hotte au train où vont les choses ! »

    REPÈRES

    Les phrases clés

    « Ne comptez pas sur moi pour jouer les Pères Fouettard. »
    « À Concarneau, il n'y a pas eu renoncement. »
    « Si je sentais que Gernot était démuni ou si lui-même concluait à un divorce avec l'effectif, nous prendrions une décision ensemble. »
    « Je ne songe pas à partir »
    « Moins on parle d'argent, mieux on se porte ! »
    « J'ai peur de ne plus avoir grand-chose dans ma hotte au train où vont les choses ! »

     
     
     

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