Enfin, ils sont là et jouent, mangent, partagent avec leurs soigneurs », Martin Böye a le sourire aux lèvres, ces arrivées mettent un terme à un peu plus de trois années de procédure pour monter le projet et obtenir les autorisations nécessaires à la venue des dauphins.
Une idée vieille de 10 ans
Ils nagent dans 10 000 m3 d'eau salée et s'habituent à leur nouvel environnement. Les deux femelles proviennent de Hollande et les trois mâles du Parc Asterix. Tous sont nés en delphinarium « et nous y tenons », insiste Martin Böye « car nous sommes contre les prélèvements en milieu naturel ».
En fait l'idée de faire venir des dauphins remonte à 1998. À l'époque, le créateur du parc n'avait pas obtenu les autorisations. Il a vendu Planète sauvage en 2005 à la Compagnie des Alpes qui gère de nombreux parc et delphinariums en Europe. Très vite l'idée est remontée la surface. Faire venir des dauphins pour poursuivre des projets scientifiques et donner un nouveau souffle à Planète sauvage, les dauphins étant un vecteur non négligeable pour attirer un public plus nombreux.
Arrêter de jeter des sacs
Reste que ce projet comporte trois parties distinctes et qui sont étroitement liées. La partie scientifique, Martin Böye et l'équipe de soigneurs va travailler avec l'Université de Rennes sur la conservation en mer des cétacés que l'on trouve entre Noirmoutiers et Pornichet dont le Marsouin.
Un volet pédagogie notamment auprès des écoliers mais aussi des visiteurs : « On veut délivrer un message », affirme Martin Böye, « comme les gestes à éviter (jeter un sac plastique, car une fois avalé par un dauphin ce dernier meurt étouffé) ».
Se faire accepter
Une exposition dans la galerie marine doit permettre à chacun de mieux connaître ces mammifères dont certains évoluent à quelques centaines de mètres de nos côtes et de mieux les respecter. « Nous pensons qu'une fois l'animal connu, les gens qui sortiront du Planète sauvage seront plus sensibles à la préservation de ces espèces et de leur environnement ».
Enfin Martin Böye et son équipe veulent travailler sur les moyens de communication des dauphins. Un sujet qui occupe les scientifiques depuis une quarantaine d'années. « Là on va pouvoir enregistrer en continu les sons qu'ils émettent tout en les observant ».
Et puis il y a ce qui sera le plus visible par le public dès le 1er mars 2009, la présentation des dauphins. « On travaille sur une journée type d'un dauphin avec la nage, la chasse, le repos, c'est cela que nous entendons montrer au public ». On est donc loin qui des jeux avec ballons et autre acrobaties. Martin Böye l'affirme, ici le dauphin doit être heureux et s'épanouir, la méthode de dressage « est d'ailleurs basée sur le positif ». Le dauphin n'est pas puni s'il ne réussit pas, par contre lorsque le travail demandé est bien réalisé, il est encouragé à travers des sons émis et quelques poissons à avaler. « Le dauphin n'est pas un animal que l'on peut soumettre, il faut ce faire accepter par lui, et ensuite on travaille ensemble. »
Laurent Huou