- Nantes
« Il y avait juste une vie ordinaire/ Elle n’avait rien à faire/ Dans les faits-divers ». Ces paroles de Christophe Miossec, tirées de « Chanson d’un fait divers », ont résonné étrangement, cette nuit dans la salle Stereolux à Nantes, où le chanteur donnait un concert devant une salle bondée. Il a évoqué l’affaire « de Ligonnès » avant d’embrayer sur ce titre, une troublante introduction. Dans cette chanson, Miossec parle d’un couple et de leurs enfants qui mènent une vie ordinaire. Il suggère simplement qu’un jour tout bascule. « Il y avait tous ces jours qui se passaient normalement/Il y avait bien sûr les courses tous les samedis au Géant/Il y avait des lunettes au fond de la boîte à gants/Puis il y eut un mercredi cet étrange événement (...)».
L'artiste, qui a bourlingué dans la presse en Bretagne et à la Réunion, avant de vivre de la musique, est un grand passionné de faits divers. Il en a croisé et lu des tonnes de ces vies ordinaires qui déraillent dans l’enfer. Prémonitoire ou non, cette chanson aura saisi plus d’un spectateur. A la sortie, comme au bar, d’aucuns revenaient sur ce fait divers de Nantes qui a vu la mort de cinq personnes et la disparition physique du principal suspect.
« Tout a déjà été dit »
Sur scène, son ring, le Brestois aura livré un beau combat hier soir, de sueur et de rage contrôlées, avec un groupe solide, carré et envoyé la patate, le son. Du « Défroqué » ( « J'ai déserté les champs de bataille/ Les nuits que je connaissais trop bien/Je ne fais plus dans la canaille/Je suis plutôt devenu du matin ») à cette « Chanson que personne n’écoute », dont sont extraites ces phrases: « Tout a déjà été dit/Mais ce n’est pas grave/Car personne n’écoute ».
Stéphane Pajot