Recevoir un diplôme de « boss sympa » : le rêve de milliers de chefs d'entreprises de moins de 50 salariés, va peut-être devenir une réalité grâce au nouveau service du groupe Innov'On. Privés de comité d'entreprise, les salariés regrettent souvent le manque d'avantages sociaux.
Depuis quelques semaines, Innov'on propose à ces entreprises, moyennant une adhésion mensuelle, de faire profiter leurs salariés de tarifs préférentiels sur des dizaines de milliers de produits : électroménager, voyages, location de véhicules, places de spectacles, consoles de jeux...
Comme les grandes
« Nous nous appuyons sur notre plateforme internet Malicité qui fédère déjà 1 200 comités d'entreprises, explique Morgan Tilly, créateur du service au sein d'Innov'on. Ce volume d'achats nous permet de négocier avec des fournisseurs des prix attractifs. Avec « Mon boss est sympa », nous permettons aux entreprises de moins de 50 salariés de bénéficier des mêmes réductions que les grandes. »
Sur le site, il est même possible d'imprimer une lettre de présentation du service à déposer subrepticement sur le bureau du patron... « Nous avons beaucoup joué sur le décalage » admet Morgan Tilly.
Déjà dix patrons séduits
Une dizaine de patrons ont déjà franchi le pas depuis début février. Chacun a même reçu son vrai-faux diplôme de « boss sympa » ! Patrice Legendre, fondateur de l'entreprise In Situ-experts hydrauliciens fait partie de ceux-là. Cet entrepreneur orvaltais vient d'adhérer au service pour 3 ans. Sans prendre la grosse tête : « Avec mes six employés, je n'ai pas beaucoup l'occasion d'innover en matière sociale, regrette ce dernier. Je suis un ancien salarié, et je sais ce que c'est d'avoir peu d'avantages. Ce service va dans le sens de l'éthique de la société : innover et apporter des services aux salariés. » Morgan Tilly y croit : « Ce service ne coûte pas très cher à l'entreprise et peut permettre aux salariés d'augmenter leur pouvoir d'achats. En ce moment, ce n'est pas négligeable... »
Julie Charrier-Jego
julie.charrier@presse-ocean.com
Repères
Site internet
L'adresse : http://www.monbossestsympa.com
Le groupe Innov'on
Créé en 2008, le groupe Innov'on regroupe plusieurs
entreprises. La plus ancienne, créée en 1995, Chronoflex est
spécialisée dans la réparation de flexibles hydrauliques dans
toute la France. En 2000, naît Marge'up société de conseil
opérationnel dans l'optimisation des achats. Le
site Malicité est créé en 2002 et se met au service des comités
d'entreprise. En 2010 enfin, Mon
boss est sympa voit le jour.
« Ce service peut fidéliser les salariés et augmenter leur pouvoir d'achat »
Comment avez-vousété entraînédans le couloirde la mort ?
« En 1995. J'avais 24 ans, tout ce que je pouvais rêver d'avoir : une bonne situation, marié, deux petites filles. Je vivais en Floride. On m'a accusé du meurtre du fils d'un policier et son amie danseuse dans une boîte de nuit. Ils ont été tués de huit balles. La police avait dix suspects. Je fus le onzième, après une dénonciation. J'ai passé plus de cinq ans en prison, dont trois années dans le couloir de la mort. »
Votre réactionlors du verdict ?
« J'avais prêté serment d'allégeance à l'Amérique lorsque j'étais à l'école. Nous répétions à la fin : « Justice et liberté pour tous ». Je me suis souvenu de cette devise au moment où l'on m'a condamné. Je ne parvenais pas à y croire. Comment était-ce possible ? J'étais innocent. Le système m'a mis complètement KO. »
Quelle est votre vie aujourd'hui ?
« Je recommence à vivre, lentement. Je travaille et témoigne pour que la peine de mort soit abolie. Je vais bientôt avoir un enfant. Mais des choses restent. Je n'ai aucune ampoule au plafond chez moi. Je dors sans chaîne à mon cou. Le bruit fait ressurgir celui des clés de la prison. »
Commentêtes-vous sortidu couloir ?
« Il n'y avait pas de preuves : j'ai eu droit à un second procès. Sept juges de la cour suprême et treize jurés ont décidé que je n'étais pas coupable. Le procureur et les familles des victimes ont ensuite choisi de ne pas me poursuivre alors qu'ils en avaient la possibilité. Retrouver la liberté est un très long chemin. Il ne suffit pas d'être innocent. »
Étiez-vous favorableà la peine de mort avant votre condamnation ?
« C'était l'évidence. Des juges venaient dans mon école catholique pour nous répéter que la peine de mort était normale, que les criminels devaient être punis. La peine de mort mettait fin à la douleur des familles. Elle était aussi dissuasive. Je sais aussi aujourd'hui que tout ceci est faux. »
Les couloirs de la mort seront-ils abolis aux États-Unis ?
« J'espère le voir dans ma vie. Des condamnés innocentés témoignent désormais dans les écoles. Les choses évoluent. Mais aux États-Unis, les gouverneurs et les juges sont élus. Il leur faut un courage politique important pour oser s'opposer la peine de mort. Quinze états sont abolitionnistes. Trente-cinq ne le sont toujours pas. »
Emmanuel Vautier
et Guillaume Lecaplain
Repères
Congrès national
Amnesty tient son congrès ce week-end à la cité des congrès.
Concert aujourd'hui
Un concert de soutien à Amnesty
réunit 380 musiciens et choristes
aujourd'hui. Tarifs : de 18 à 25 €.
Tél. : 02 51 88 20 00.
de l'Homme
Rassemblement de soutien
dimanche midi à la cité des
congrès. Présentation de
l'oeuvre d' Abbas Bani Hassan.
Rendez-vous sur
Joaquin Jose-Martinez témoigne en vidéo.
presseocean.fr