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Le trafic à Nantes






« On est des morts de faim »

dimanche 06 décembre 2009

- Sports

  • Capitaine d'Arles-Avignon (5e), l'ex-Canari (31 ans) aimerait bien jouer un vilain tour au club de son coeur.

    Alors, qu'est-ce que ça fait de revenir à la Beaujoire ?

    « Depuis quelques jours, je n'arrête pas d'y penser. J'ai hâte d'y être. Ça fait un petit moment que je ne suis pas retourné dans le stade de mes débuts. Ça me fait plaisir. »

    En retrouvant cette pelouse, des souvenirs doivent remonter à la surface...

    « Ah, oui ! Nantes, ce sont mes débuts avec un groupe très jeune. On a eu la chance de gagner tout de suite des titres (Coupe de France en 1999 et championnat en 2001). Il y avait une osmose avec le public. C'était une autre ambiance qu'aujourd'hui... »

    Des anecdotes ?

    « J'avais un porte-bonheur, un pendentif. Je l'avais oublié pour la finale de coupe. Heureusement, Kléber Bobin avait pu me le ramener. Sinon, les mises au vert à la Colaissière, c'était sympa (rires) ! On descendait souvent prendre des crèmes brûlées... On rigolait souvent même si on était avec un entraîneur très sérieux. »

    Avec le recul, éprouvez-vous un quelconque regret ?

    « Je suis parti trop vite (2001). Même si on inclut souvent le titre de champion de France dans mon palmarès, je ne me sens pas concerné. Avec un peu plus de patience, ce qui m'a manqué lorsque je jouais moins, j'aurais certainement eu une carrière différente. Maintenant, j'ai fait la carrière que j'avais à faire. »

    Comment expliquer qu'après Bastia (2005), vous ayez enchaîné de nombreux clubs (Crotone, Grosseto, Hellas Vérone, US Juve Stabia) ?

    « C'est paradoxal car j'aime plutôt la stabilité en général. Lorsque je suis arrivé en fin de contrat à Bastia (mes filles y sont nées et j'y ai ma maison), après m'être fait opérer des ligaments croisés, j'ai eu des contacts avec des clubs de L2. Or j'avais surtout envie de retrouver un club de l'élite. Là, on m'a fait miroiter quelques trucs, notamment en Série A. Pressé par le temps (chômage), j'ai opté pour l'Italie. »

    Et alors ?

    « Je n'ai pas eu l'impression d'y perdre mon temps, bien au contraire en jouant la Juve, Naples, le Genoa... Après, ça s'est dégradé. Je n'ai pas eu beaucoup de chance, me retrouvant dans des clubs où je n'ai pas joué pour x raisons.

    C'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a une certaine fierté. J'ai pu montrer à certains sceptiques que je n'étais pas cuit physiquement. »

    Revenir un jour à Nantes, ça vous tenterait ?

    « Sincèrement, ça me fait mal au coeur de voir le club comme ça, pour les supporters. Il a complètement changé. Aujourd'hui, hormis les bons souvenirs et l'accroche que j'ai avec les gens, je n'ai pas forcément, dans le contexte actuel, une grosse envie de revenir. Il n'y a plus d'anciens. On a voulu rayer le passé nantais. Je ne pense pas que c'était la bonne solution. »

    Comment avez-vous vécu le fait de vous être entraîné durant un mois à la Jonelière en septembre 2008 ?

    « C'était sympa de leur part, enfin surtout de la part de Laurent Guyot et Fabrice Bryand. Comme toutes les têtes avaient changé, je me sentais comme un étranger. En revanche, je ne peux que les remercier. Ça faisait bizarre, de voir les entraînements... Après, il n'y a aucun côté nostalgique. Je suis parti depuis un petit moment. »

    Depuis cet été, vous êtes à Arles-Avignon. Qu'en est-il du club ?

    « Il est vraiment particulier car c'est un mélange d'amateurisme (état d'esprit) et de professionnalisme. Ce n'est pas péjoratif, ça a fonctionné avec ces méthodes. C'est une équipe, un club qui ne lâche rien. Soudés, on est des morts de faim. Mais il y a aussi de bons joueurs de ballon. En revanche, quand on défend, il y a de l'impact physique (sourire). »

    Quelles sont vos faiblesses ?

    « Jeunes, on manque d'expérience. Pas mal de joueurs évoluaient l'an passé en National. Ça peut nous jouer des tours. Par moments, pour gérer un résultat, on est un peu fébrile. »

    Vous faisiez figure d'équipe-surprise au départ. Désormais, pouvez-vous aller au bout ?

    « Ce sont plus les gens autour qui parlent. Nous, on veut arriver le plus vite possible aux 42 points. On fait un bon parcours (3 défaites). On a pris conscience qu'on avait le niveau. Après, on sait qu'on ne joue pas dans la même cour que 5-6 clubs dotés de budgets beaucoup plus importants et d'autres ambitions. Enfin, tant qu'on est là, tant mieux ! »

    Demain soir, quel est votre objectif ?

    « Après sept matches sans défaite, on a pris une grosse gifle à Guingamp (4-1). On a réagi devant Metz (2-0). On aimerait bien continuer notre série. Le but : les embêter et prendre un point. Ce serait pas mal. »

    Ne craignez-vous pas un choc psychologique de la part des Canaris ?

    « Tout à fait. On en parlait récemment entre nous, en se disant : « Peut-être que Rohr partira après notre venue. » Car on sait que l'arrivée d'un nouveau coach remet tout le monde sur la même ligne, avec l'envie de se montrer. C'est humain. Maintenant, on s'adapte. A priori, ça ne change pas grand-chose. Mais ça reste Nantes et Furlan est un bon coach. »

    Recueilli par Jean-Yves Queignec

     
     
     
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