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Plus de cinq mille personnes ont défilé, hier après-midi, dans les rues de Nantes. Photo AFP
La manifestation contre la politique sécuritaire et « xénophobe » du gouvernement vient tout juste de démarrer. Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel d'une cinquantaine d'associations, syndicats et partis politiques: cinq mille selon la police, le double selon les organisateurs (*).
En tête de cortège, une banderole tenue par des gens du voyage, des Roms et des jeunes issus de quartiers « sensibles » proclame : « Vivre ensemble, libres, égaux et solidaires ». Sur des pancartes brandies par des manifestants, on peut aussi lire : « Discriminer nuit à la démocratie ».
Les Roms et les autres
« Je suis là pour les Roms, mais pas seulement, explique Patrick. Ce sont tous les étrangers qui sont désignés à la vindicte à travers les actes et les discours du gouvernement ». À ses côtés, Charif, 63 ans, d'origine algérienne, confie son inquiétude: « Ça fait 34 ans que je vis en France, je me sens plus que Français. Mais là, je commence à avoir peur ».
Parmi les manifestants, de nombreux élus de gauche, dont Jacques Auxiette, le président PS du conseil régional, ou le député Vert François de Rugy. Ou encore Myriam Naël, élue nantaise: « Sur les Roms, il ne s'agit pas de faire de l'angélisme. On a démantelé des campements illégaux à Nantes. Mais à chaque fois, on s'efforce d'accompagner les familles pour l'école, l'accès aux soins, au logement, à l'emploi ».
Tour de chauffe
Vice-président du MoDem 44, David Le Borgne brandit un drapeau tricolore. « Il symbolise les valeurs de la République: Liberté, Égalité, Fraternité. Des valeurs qui sont aujourd'hui gravement remises en cause ».
Absent de France pendant un an, Frédéric a noté un changement depuis son retour: « On sent une vraie tension qui n'existait pas avant ».
En fin d'après-midi, le cortège se disperse sans incident devant la préfecture, sur fond de musique tzigane. Avant de partir, beaucoup de manifestants se sont donné rendez-vous mardi, pour la grande manif pour la défense des retraites.
« C'était un bon tour de chauffe », sourit Serge Doussin, ancien secrétaire de l'union départementale CGT.
Xavier Boussion
(*) Ils étaient environ 1 200 à Saint-Nazaire.
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