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Yann Rolland préside le Medef 44 depuis avril dernier
« En Loire-Atlantique, les entreprises profitent de l'embellie. La situation est contrastée selon les secteurs mais aucun n'est complètement sinistré. Les carnets de commandes se remplissent correctement. Il n'y a donc pas de raison d'avoir un climat social tendu. Mais le débat sur les retraites peut y contribuer. »
Sur ce dossier, quelle est la position du Medef ?
« La compétitivité de nos entreprises impose de ne pas augmenter le coût du travail. Pour le reste, le gouvernement, les syndicats et les employeurs sont tous d'accord pour sauver notre système par répartition. Et la génération actuelle, qui a connu 50 ans d'améliorations des conditions de vie et de travail, peut faire un effort pour y arriver. »
Ce qui passe par la fin de la retraite à 60 ans ?
« En voulant repousser l'âge de la retraite à 62 ans, la France ne fait que converger vers ce qui existe déjà dans la plupart des pays européens. Mais il est plus facile d'appeler les gens à défiler dans la rue pour qu'on ne change rien, que de leur expliquer pourquoi il va falloir travailler deux ans de plus. »
Reste la question de la pénibilité...
« Je pense que cette notion va s'éteindre progressivement. On a fait d'énormes progrès en matière de conditions de travail dans les entreprises. On est loin de Zola, c'est fini tout ça. Pour trouver des salariés, les entreprises doivent être attractives, offrir des conditions de travail décentes. »
Mais elles continuent de pousser les plus de 55 ans vers la porte...
« C'est moins vrai aujourd'hui. Les mentalités des patrons ont évolué. Ils sont de plus en plus nombreux à prendre conscience qu'à 55 ans, un salarié n'est pas arrivé au terme de sa vie professionnelle, mais que cela peut être l'occasion de lui donner une nouvelle orientation, par la formation notamment. »
Vous comprenez cependant cet appel à la mobilisation ?
« On est à un stade où les débats vont se cristalliser. Les syndicats vont compter les manifestants pour créer un rapport de force. Au Medef, nous préférons en appeler au bon sens de nos concitoyens. Charge à nous, employeurs, de leur redonner goût au travail et proposer des jobs adaptés aux plus de 60 ans. »
Mais les syndicats sont dans leur rôle...
« Pour ma part, j'ai du mal à comprendre la résistance de certains syndicats pour sauver des avantages acquis, alors qu'on a sous nos yeux des pays émergents où le coût du travail est bien moins élevé et qui sont en train de grignoter nos parts de marché. Derrière, c'est notre indépendance nationale qui est en jeu. »
Recueilli par Xavier Boussion
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