Parce que le mot « le réjouissait », Dominique A utilise « sybarite » dans son dernier (excellent) album. Un sybarite, c'est un homme « qui mène une vie voluptueuse ». Nous l'avons pris au mot : interview en forme de revue de plaisirs.
Comment définiriez-vous un concert jouissif ?
Dominique A : « C'est quand il y a une osmose entre les gens sur scène et les gens dans la salle. On a alors le sentiment que tout est possible. Qu'on peut tout essayer. Mais ça arrive deux ou trois fois par tournée ! »
Quelle est la chanson qui vous donne le plus de joie sur scène ?
« Il y en a deux : J'aimerais voir le jour tomber et En secret. Elles sont très simples à jouer. C'est plus facile de se laisser aller, de baisser la garde sur ces chansons. Ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'autres, qui exigent de la concentration. »
Le public revient vers vous après vous avoir boudé, c'est sybaritique ?
« Oui ! C'est vrai que les gens étaient un peu partis lors des deux dernières tournées. Je crois que c'était dû au fait que nous étions un groupe très ambitieux, la tournée était sophistiquée. Là , il y a davantage de simplicité, c'est plus avenant. »
Et le dernier événement qui vous a transporté ?
« C'était le 26 novembre au Casino de Paris. Cette salle et ses coulisses sont terribles. Dans une tournée le concert parisien est toujours un focus. Et ça s'est très bien passé. »
Il y a du plaisir de jouer à Nantes, devant un public composé d'amis ?
« C'est à la fois plaisant et déplaisant. Plaisant parce que c'est une occasion de revoir les gens. Et déplaisant dans le sens où j'essaie de ne pas me focaliser sur des têtes connues : ce sont des retours en arrière, je me revois dans les cafés jouer devant les copains... »
Quel quartier de Nantes vous fait le plus vibrer ?
« Il y a le bord de l'Erdre, ça me rappelle des balades amoureuses et en solitaires. Après, il y a aussi le quai de la Fosse : les lumières crépusculaires jusqu'à la butte Sainte-Anne. À chaque fois que je viens à Nantes c'est le pèlerinage obligatoire. Généralement je vais à la librairie, j'achète trois ou quatre bouquins, je vais dans un bar de poivrots et je commence à picoler en lisant... ça m'inquiète même pour l'avenir, parce que j'y prends de plus en plus de plaisir ! (rires) »
Propos recueillis par Guillaume Lecaplain
Ci-dessous, un extrait de l'interview et la chanson "Le Sens", enregistrée pendant les balances.
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