Que s'est-il passé précisément, avant-hier midi, à la fin de l'entraînement, dans le vestiaire de la Jonelière ? Après s'être chambré consécutivement à un tennis-ballon, la tension est rapidement montée entre Djamel Abdoun et Stefan Babovic.
Très énervé (a priori par le fait d'avoir été titillé sur son nombre de buts et de passes décisives en L2, voire sur son niveau), le Serbe, perturbé par sa non-participation aux JO (« ces vingt derniers jours ont été les pires de ma vie. C'était une énome pression. Je ne pouvais pas dormir. »), asséna alors un violent coup de pied dans la face de l'ex-Sedanais, assis sur le banc en train de lacer ses chaussures. Celui-ci tombant dans les pommes quelques instants.
« Ça m'a choqué »
« Ça m'a choqué » dira un joueur, témoin de la scène, à son entourage. Si Djamel Abdoun, témoin de la terrible agression en mai 2007 de Joe Barton sur Ousmane Dabo à Manchester City, n'a pas voulu s'exprimer, son alter ego, dans les petits papiers du président Kita, donne pour sa part sa version des faits.
« C'était une discussion, du style : « Toi, tu es ça, toi, tu es ci... » Il était nerveux, moi aussi. C'était une bagarre... verbale (sic) ! Je ne veux pas en dire plus. Ce n'est pas grave. Ça peut arriver à tout le monde. Klasnic m'a dit que ça arrivait souvent à Brême... Maintenant, on a réglé le problème. C'est oublié. »
Les protagonistes, rabibochés (« Djamel, c'est un mec très gentil » dixit Babovic !), ont présenté leurs excuses à l'ensemble de leurs coéquipiers.
« On ne peut pas tolérer un tel comportement »
Christian Larièpe, en tout cas, n'a pas apprécié la plaisanterie. Le directeur technique a ainsi réuni les cadres de l'équipe hier matin pour rappeler le règlement interne.
« Les joueurs ne sont pas là pour se chamailler entre eux, révèle l'intéressé, désireux au départ d'étouffer l'affaire. L'adversaire, c'est Auxerre, Monaco, etc. Il ne va pas falloir qu'ils se trompent de cible trop longtemps... Un tel incident prouve aussi que de tels jeunes joueurs ont encore un gros travail de formation à faire, notamment psychologique. Maintenant, c'est clair : on ne peut pas tolérer un tel comportement, irréfléchi et inconscient. Ça peut nuire à la performance. Dès lors, ce serait ennuyeux pour eux... »
Le patron du sportif n'en dira pas plus, concédant seulement : « Il y aura des sanctions importantes. »
J-Y. Q.
Tapez un mot clé