- Nantes
Cédric Praud, président du collectif Bar Bars lors des biennales internationales du spectacle en janvier dernier.
Cédric Praud, président du collectif Culture Bar Bars, prépare la mise en place d'une fondation.
Le collectif nantais Culture Bar Bars fait partie de la plate-forme nationale des cafés culture (1) qui entend définir l'avenir des cafés concerts et celui du statut des artistes, amateurs et professionnels. Une fondation, afin de payer les cotisations sociales des musiciens, pourrait voir le jour avant la fin de l'année. C'est le souhait du président du collectif, Cédric Praud.
Entretien.
Comment différencier amateur et professionnel ?
« Nous avons demandé la reconnaissance de la pratique amateur dans nos petits lieux.
C'est-à-dire qu'un musicien, qui joue sans prix d'entrée dans un café qui ne majore pas ses consommations et qui ne fait pas de publicité connexe, sera reconnu comme amateur. De fait, le musicien (ou le groupe) ne sera pas rémunéré si ces critères-là sont respectés. »
Et le musicien professionnel ?
« Grosso modo, un cachet d'artiste pour une soirée, charges comprises, est de l'ordre de 140 à 150 €. Un groupe de musique se compose de trois à quatre personnes. Si on veut payer tout le monde à ce tarif, dans un petit lieu, soit 600 €, c'est quasiment impossible de s'en sortir, même si vous faites un prix d'entrée.
Nous travaillons donc à la mise en place d'une fondation pour résoudre cet éternel problème. »
Comment sera financée cette fondation ?
« Elle sera financée à raison d'un tiers de fonds publics et deux tiers de fonds privés. La région des Pays de Loire est partante. En France, six régions ont donné leur accord pour aider cette fondation. Ces aides financières iront directement aux artistes et aux exploitants. »
À quel moment cette fondation sera mise en place ?
« J'espère qu'elle sera mise en fonction avant la fin de l'année. Pour le moment, nous essayons de récupérer une loi sur l'exonération qui concerne le patrimoine.
C'est-à-dire qu'une société qui verse de l'argent bénéficiera d'une déduction fiscale. Cela intéresse les alcooliers, les brasseries et des marques d'alcool. »
À quel niveau sera reversé l'argent ?
« Concrètement, sur un cachet d'artiste, vous avez 75 € de net et 60 € de charge. La fondation payera 20 % des cotisations sociales pour un ou deux musiciens, 80 % pour trois et 100 % des charges pour quatre. Cela sera effectué directement par le biais du Guso, un guichet unique pour les artistes. Il y aura des chèques emploi artistes pour les musiciens qui jouent dans les bars. »
Un groupe de rock coûtera donc moins cher au café qui le programme
« Bien sûr. Prenons le cas d'une formation de quatre musiciens qui revenait à 600 €.
Avec la fondation, elle ne lui reviendra qu'à 300 €. Et là, ça devient viable. »
Stéphane Pajot
stephane.pajot@presse-ocean.com
(1) Avec notamment le pôle régional des musiques actuelles, le ministère de la Culture et le Snam CGT
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mercredi 08 février 2012
- Nantes
mardi 07 février 2012
- Nantes
mardi 07 février 2012
- Nantes