Il est vrai que le principe du moteur à hydrogène a de quoi séduire : de l'eau et de l'électricité (d'origine éolienne par exemple) sont transformées en gaz comprimé ; ce gaz, via une pile à combustible, alimente ensuite un moteur électrique. Il y a certes un peu de technologie pour assurer les liaisons mais aussi une absence totale de rejet dans l'atmosphère. C'est le moteur propre par excellence.
Les atouts d'un bateau
Des véhicules fonctionnent déjà avec ce système. Mais deux problèmes en freinent le développement : le stockage du gaz est volumineux et le surcoût de la voiture est important.
Ces deux inconvénients sont moins criants à bord d'un bateau. « Les volumes disponibles pour le stockage sont plus importants et le surcoût lié au système de propulsion est proportionnellement moins important que sur une voiture », indique Frédéric Meslin, le délégué général du PRINA.
Mise à l'eau en 2009
Autour des deux partenaires principaux, plusieurs opérateurs planchent donc sur le projet : DCNS Indret, le bureau d'études nantais Mauric, le laboratoire de l'université de Nantes Len Corail... Objectif : construire un chalutier d'une vingtaine de mètres, capable d'effectuer des marées de plusieurs jours et d'être évidemment parfaitement opérationnel en pêche.
« Au printemps prochain nous serons en mesure de valider la faisabilité économique du projet », explique Frédéric Meslin. « Il n'est pas question en effet de lancer les pêcheurs dans le mur ». Si le feu vert est donné, le bateau pourrait être construit en 2008 et sa mise à l'eau intervenir en 2009.
Totalement silencieux
S'agissant d'une première unité, l'investissement sera évidemment important. « Mais au train où grimpe le pétrole, l'hydrogène finira vite par être rentable », assure Frédéric Meslin. Hugues Autret fait également valoir que l'entretien d'un moteur électrique est moins onéreux qu'un thermique. « Nous gagnerons aussi en confort d'utilisation, notamment avec une absence totale de bruit ! », ajoute-t-il. « Je suis persuadé que d'ici 5 à 8 ans, le recours à l'hydrogène se généralisera à bord des bateaux ».
Si tel est le cas, l'ouest français aura une longueur d'avance. Le projet nantais est en effet unique dans l'Hexagone. Hors des frontières, l'Allemagne, le Danemark, la Suède et surtout l'Islande s'intéressent de près à l'utilisation de l'hydrogène dans la filière maritime.
Jean-Philippe Lucas
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