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jeudi 05 novembre 2009 ENVIRONNEMENT. L'arrêté préfectoral autorisant le delphinarium de Planète sauvage annulé

Cinq dauphins en situation irrégulière !

La décision du tribunal administratif de Nantes sera frappée d'appel. Mais il n'est pas suspensif.

PORT-SAINT-PÈRE

C'est une véritable douche froide pour les dirigeants de Planète sauvage. Hier matin, le tribunal administratif de Nantes a annulé l'arrêté préfectoral du 30 avril 2007, qui avait autorisé l'ouverture du delphinarium. En décembre dernier, après l'autorisation du préfet et de gros travaux, cinq dauphins (l'autorisation portait sur douze) sont arrivés à Port-Saint-Père. Durant trois mois, les dresseurs ont travaillé avec les mammifères marins avant une ouverture au public en mars 2009. Les spectateurs ont répondu présent et la saison a été bonne. Parallèlement, Martin Böye, le responsable scientifique, a poursuivi des recherches notamment au large de Bourgneuf sur le langage des dauphins.

Entaché d'illégalité

Dès l'autorisation de la préfecture accordée, les associations One voice et SOS Grand Bleu ont attaqué en justice. Elles estimaient, notamment, que rien ne pouvait justifier l'exploitation des animaux à des fins mercantiles. Hier matin, le tribunal administratif de Nantes leur a donné raison (même si SOS Grand Bleu n'avait pas qualité pour attaquer). Les magistrats, dans leur compte rendu, n'ont pourtant pas retenu l'exploitation des animaux. Ils ont annulé l'arrêté préfectoral pour deux raisons. La première pour des motifs financiers, le tribunal estimant que les données communiquées ne « permettaient pas d'apprécier la capacité financière du groupe Grévin et Cie ».

Plus loin, ils relèvent que certains éléments n'ont pas été joints au dossier à temps. Ensuite, le tribunal administratif met en avant un problème environnemental. Il rappelle que « la direction régionale de l'environnement a formulé un avis défavorable, en raison de l'insuffisance de l'étude d'incidence du projet ».

Et il remarque qu'une consommation annuelle de sel de 200 à 250 tonnes « entraînerait inévitablement un rejet d'eau salée dans le milieu naturel, avec des conséquences pour ce milieu ».

Équilibre financier menacé

La Compagnie des Alpes, à qui appartient Planète sauvage, va faire appel de cette décision. Reste qu'il n'est pas suspensif. En théorie, le delphinarium ne peut donc plus fonctionner. Néanmoins, Planète sauvage négocie avec la préfecture une dérogation « afin de pouvoir continuer d'exploiter le site », en attendant une nouvelle décision de justice. Le parc a décidé de garder le delphinarium ouvert. Il espère obtenir un accord « dans la mesure où ce jugement repose sur la forme (des pièces ayant été remises après l'enquête publique) et non le fond du dossier ». L'avenir de Planète sauvage va se jouer prochainement. Sans les dauphins son équilibre financier est menacé. Si le jugement devait être confirmé et appliqué à la lettre, les dauphins devront retourner d'où ils viennent, soit à Paris, soit aux Pays Bas.

Laurent Huou

Malgré le jugement, le delphinarium de Port-Saint-Père reste ouvert

 

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