Comment le TGV a transformé nos vies
jeudi 24 septembre 2009
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+ A vous : dressez votre bilan du TGV Atlantique
L’arrivée du TGV à Nantes a boosté l’économie et développé de nouveaux modes de travail et de tourisme.
"Clairement, sans le TGV, la métropole ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui ». Pour Jean-François Gendron, le président de la CCI, l’effet booster du TGV sur l’économie locale est incontestable. « Ça a été un formidable accélérateur de croissance. C’est grâce à lui que de grandes entreprises ont implanté leurs sièges à Nantes. »
Dernière en date : Cotecna France, l’un des leaders mondiaux de l’inspection et de la certification commerciale qui s’est installé à Orvault en juillet dernier.
Avant elle, il y a eu Steria, Accenture, Worwerk, VIF, le service information voyageurs de la SNCF, les services financiers de La Poste, etc. À la clef, des milliers d’emplois.
Un atout majeur
« Si Nantes n’avait pas le TGV, il aurait été beaucoup plus difficile de les faire venir », confirme Arnaud Thierry, chef de mission à Nantes métropole développement. Aujourd’hui encore, le TGV reste un atout majeur pour attirer les entreprises dans l’agglomération. « Dans les arguments qu’on déroule, l’un des premiers est de dire que Nantes est à deux heures de Paris en train, vingt-deux fois par jour. »
Deux heures, c’est en effet « la limite supportable pour un cadre qui doit régulièrement faire l’aller-retour sur Paris dans la journée ». Et puis, au moins au début, « ça rassure les Parisiens qui s’installent à Nantes et qui ont du mal à couper le cordon avec la capitale ».
Nantes, banlieue de Paris
Nathalie, cadre bancaire, va à Paris en TGV pour son travail. « Facile, il y en a un toutes les heures. Je peux avoir une réunion à Paris et être revenue le soir. » Jean-Jacques s’explique : « Je pourrais prendre l’avion pour aller à Strasbourg. Mais le TGV est moins cher. Et si on compte l’enregistrement des bagages, l’attente et le trajet de l’aéroport vers le centre-ville, le TGV ne met pas plus de temps. »
L’arrivée du TGV, Denis s’en souvient : « En 1989, je travaillais à Paris : 3 h 30 de trajet. Avec le TGV, sur un week-end, on a gagné trois heures que je consacrais aux loisirs et à mes proches. » 30 % de la clientèle du Nantes-Paris est une clientèle d’affaire. Ainsi Paul, Parisien, qui vient à Nantes trois fois par mois. &« C’est par le TGV que j’ai découvert Nantes. Maintenant, c’est comme une banlieue de Paris, à deux heures, comme un tour de périphérique. J’ai l’impression que Nantes a profité du TGV, la ville est devenue très agréable, j’y viens souvent en week-end. »
Bon pour le tourisme
En cinq ans, la fréquentation du TGV a été multipliée par cinq, atteignant désormais 10 millions de voyageurs par an. L’impact est toutefois limité sur le tourisme car seulement « 10 % des touristes prennent le train » selon Jean-Philippe Javello, directeur du comité départemental du tourisme. Et qu’enfin « le TGV réduit le nombre de nuits d’hôtel car on peut faire l’aller-retour dans la journée » selon Jean-Marc Devanne, directeur de l’office de tourisme de Nantes métropole.
Cependant, le TGV a eu un impact sur les courts séjours là où il s’arrête : Nantes, Pornichet, La Baule, Le Croisic. Profitable à la côte, il l’est aussi pour Nantes, qui mise sur l’essor du tourisme urbain.
Frédéric Testu et Xavier Boussion