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Le trafic à Nantes






Dégazages dans le ciel de l'estuaire

jeudi 30 juillet 2009

- A la une

  • Les usines de Cordemais et de Donges sont parmi les plus polluantes de France en matière de CO2.

    LOIRE-ATLANTIQUE

    C'est un fidèle lieutenant de Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, qui rit sous cape. « Le classement de l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'humanité relève de l'utopie », lâche-t-il, tout en nuançant aussitôt la perfidie décochée : « Le simple fait d'annoncer que la ville de Nantes souhaite demander le classement de l'estuaire auprès de l'Unesco est extrêmement positif et témoigne de l'ambition que l'on a pour le territoire. C'est un signal fort, la preuve que l'on accorde une vraie importance à l'estuaire. Après, le pragmatisme impose de reconnaître que le dossier paraît assez chimérique quand on regarde d'un peu plus près l'environnement de l'estuaire. »

    Effectivement, nez au vent, force est de constater que ça dégaze à tout-va dans le ciel de l'estuaire.

    Nuages de CO2

    Le bilan des émissions de CO2, publié récemment par la commission européenne - document auquel Presse Océan a eu accès - révèle que les installations qui bordent la Loire figurent parmi les plus polluantes de France en ce domaine.

    La centrale EDF de Cordemais se place ainsi comme le septième site industriel émetteur de CO2 au niveau national, sur plus de mille équipements contrôlés, avec 3,8 millions de tonnes de gaz carbonique rejetées dans l'air en 2008. À quelques encablures de là, la raffinerie de Donges occupe la douzième place de ce classement avec près d'1,2 million de tonnes de CO2 expulsées dans les nuages. « Rien d'alarmant dans ces résultats, nuance-t-on du côté de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) des Pays de la Loire. Ils sont induits par la nature même de l'activité de ces industries. On sait bien que la puissance d'énergie thermique nécessaire à la production d'électricité à Cordemais génère de grosses émissions de CO2. »

    Progrès

    Cependant, Cordemais et Donges sont jugées « efficaces » au regard de leur performance énergétique et de l'importance de leur production. « De réels progrès ont été effectués au sein de ces deux entreprises », indique encore la DREAL.

    « Ces dix dernières années, on a investi près de 300 millions d'euros pour réduire les rejets atmosphériques, précise la direction de Cordemais. Des capteurs permettent déjà de réduire considérablement les émissions d'oxyde de soufre et d'azote. « La qualité de l'air est régulièrement contrôlée et l'on se situe toujours en deçà de la réglementation », souligne la centrale.

    Par ailleurs le département « Recherche et développement » d'EDF tente actuellement de concevoir un programme de capture et de stockage du CO2. Difficile néanmoins de croire que ces efforts suffiront à ouvrir la voie à une reconnaissance mondiale du patrimoine de l'estuaire.

    Yan Gauchard

     
     
     

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