- Sud Loire
Au sous-sol, un habitant mécontent présente les traces de la dernière fuite de la colonne d'évacuation des eaux.
Pour autant, les coups de pinceau ne semblent pas apaiser le mécontentement général. Jean-Michel Sablon habite au rez-de-chaussée. Un matin, il s'est levé les pieds dans l'eau. La fuite venait de la colonne d'évacuation située dans le sous-sol. Elle communique directement avec sa salle de bain. « J'ai attendu tout le week-end avant qu'on vienne m'aider », affirme-t-il. Dans la cave, il reste encore des traces de la fuite sur le sol. « Il y avait jusqu'à 60 cm de flotte ».
Odeur nauséabonde
L'odeur est nauséabonde. En face des conduites d'eau, les murs ont été tapissés d'urine. « Les portes de l'entrée et du sous-sol ne se ferment plus. Du coup, n'importe qui peut venir faire n'importe quoi ». Jean-Michel Sablon est non-voyant. Il ne se sent pas en sécurité chez lui à cause du système électrique, qu'il juge « vétuste ». « Les prises ne sont pas aux normes. Le premier étage a brûlé l'année dernière parce que la locataire avait laissé branché son sèche-cheveux ». Cet incendie demeure un traumatisme. Véronique et Michael Hamonneau-Cachet ont installé un détecteur de fumée. Dans leurs chambres, les enfants ont l'interdiction d'utiliser les prises. « La nuit, je fais des crises d'angoisses », confie Véronique. Comme ses voisins, la jeune mère de famille s'est déjà retrouvée nez-à-nez avec une souris. « Le dératiseur nous a confié qu'il faudrait désinfecter l'ensemble de l'immeuble ». À l'étage au-dessus, les membres de famille Pottier se sont même fait une réputation de tueur de rongeurs. « À la maison, nous en avons exterminé une dizaine » assure Michael, 14 ans. Avec ce vent de contestation, tous les doigts se tournent vers le propriétaire, Habitat 44. « Ceux qui se plaignent sont minoritaires. Pendant les réunions de locataires, l'ambiance est loin d'être houleuse », tempère Jean-Baptiste Cambrisson, directeur général de la société. Il assure que son entreprise effectue des contrôles réguliers dans l'immeuble, notamment au sujet des souris.
À l'automne prochain, le quartier devrait être entièrement réhabilité. « C'est un projet vaste et ambitieux . Nous disposerons des champs panneaux photovoltaïques sur les toits, nous renforcerons l'isolement tout en diminuant les charges ». De quoi soulager ceux qui s'estiment mal logés. Les travaux ne devraient pas être retardés. De toute façon, au 8, allée Paul Eluard, les locataires ont appris à prendre leur mal en patience.
Yann Desnoue
Véronique,une locataire :« La nuit, je fais des crises d'angoisse »vendredi 03 février 2012
- Sud Loire
jeudi 02 février 2012
- Sud Loire
Deux Rhinocéros blancs arrivent au zoo de La... par presseocean
jeudi 02 février 2012
- Sud Loire