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Le trafic à Nantes






En garde à vue pour une ardoise

mercredi 10 février 2010

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  • Paul Dreuillaud, chef d'entreprise, a passé 8 heures d'interrogatoire pour un retard de paiement de 1 000 €.

    ST-PÈRE-EN-RETZ

    Les yeux cernés, le teint blafard trahissent la lassitude. Paul Dreuillaud, encore « sous le choc », a du mal à cacher son émotion lorsqu'il se remémore cette journée de janvier passée en garde à vue à la gendarmerie de Pornic. Huit heures à répondre aux questions sur un banal impayé. Huit longues heures durant lesquelles Paul Dreuillaud s'est senti humilié, « comme si j'étais un voleur, avec interrogatoires, photos anthropométriques, relevés d'empreintes... »Ce jeune entrepreneur spécialisé dans les systèmes de sécurité n'était pas préparé à une telle expérience. Mais l'année 2009 s'est avérée difficile pour ce petit patron, doublement victime de la crise avec des commandes en baisse et des retards de paiements plus fréquents. La conséquence ? Lui-même a eu du mal à honorer ses traites, avec notamment un arriéré de 1 000 € à Europcar, pour deux véhicules en location longue durée.

    Échéances impayées

    Le 13 décembre, le loueur de voiture a déposé plainte à la gendarmerie de Pornic pour non-restitution de véhicule. « Nous avons mis le client en demeure avec des courriers en recommandé et laissé de nombreux messages sur son téléphone portable, tous restés sans réponse » explique le gérant d'Europcar qui précise : « D'une manière générale, lorsqu'un client a des difficultés de paiement, on se met autour de la table pour essayer d'établir un échéancier ». Mais dans le cas présent, « nous n'avions plus aucune nouvelle de Paul Dreuillaud et les deux voitures étaient dans la nature. Il était au courant des risques qu'il prenait ». Des « risques » qui se traduisent, le vendredi 22 janvier, par l'interpellation de Paul Dreuillaud à son domicile.

    8 000 gardes à vue

    « La procédure a été respectée » souligne la gendarmerie : « Si on se présente au domicile, c'est justement pour éviter les interpellations sur le lieu de travail, souvent préjudiciables ». Mais Paul Dreuillaud ne comprend pas « comment on en est arrivé là : j'avais toujours dit que je paierais ». Depuis, il assure « vivre avec l'angoisse au ventre ». Et ce témoignage, il l'a voulu « pour les autres, pour que cela n'arrive plus ».L'an dernier, en Loire-Atlantique, plus de 8 000 personnes (+ 4,58 %) ont été placées en garde à vue. Parfois pour des broutilles.

    Laurent Huou

     
     
     

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    vendredi 23 mars 2012

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