Eurofoot 2016 : Nantes jette l'éponge
mardi 08 septembre 2009
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Jean-Marc Ayrault et Marie-Françoise Clergeau, adjointe aux Sports, ont officialisé leur décision hier. Photo N.B.
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Estimant la facture trop salée, la Ville renonce à se porter candidate à l'accueil de la compétition.
NANTES
La nouvelle attristera sans doute les amateurs de ballon rond, mais elle devrait soulager les contribuables locaux. Confirmant la rumeur qui circulait depuis quelques semaines (Presse Océan du 10 juillet), le maire de Nantes a officiellement annoncé, hier, que la Ville renonçait à se porter candidate à l'accueil de matches du Championnat d'Europe de football en 2016, au cas où la France obtiendrait l'organisation de la compétition.
« La politique est une affaire de choix, d'autant plus difficiles lorsque les marges de manoeuvres sont réduites, explique Jean-Marc Ayrault. Compte tenu des priorités qui sont les nôtres, nous avons décidé de retirer notre candidature pour l'Euro 2016 ».
Exigences « exorbitantes »
Une décision prise après mûre réflexion, au regard de ce que coûterait la mise aux normes du stade de la Beaujoire pour répondre aux exigences « exorbitantes » de l'UEFA : « entre 80 et 100 millions d'euros ». Une facture plutôt saléepour accueillir au maximum quatre rencontres, qui plus est « de seconde zone ». Et ce, sans pouvoir espérer de coup de pouce financier de l'État dont la participation ne devrait pas excéder 100 millions d'euros, à répartir entre les neuf villes retenues pour l'Euro 2016. En 1998, pour la Coupe du Monde, la rénovation de la Beaujoire n'avait coûté « que » 9 millions d'euros, financés pour moitié par l'État, la Région et le Département. Avec à la clef, six matches de haut niveau (dont un quart de finale), un mois complet d'animations et d'importantes retombées économiques pour la ville.
Malgré une facture multipliée par dix, rien de tel à attendre de l'Euro 2016. « Le jeu n'en vaut pas la chandelle », estime Jean-Marc Ayrault.
Sans compter que la mise aux normes de la Beaujoire (changement de tous les sièges, agrandissement des vestiaires et de la tribune de presse, rénovation des salons VIP, restructuration des tribunes Océane et Erdre et Loire...), supportée en grande partie par la Ville, entraînerait la suppression de 2 500 places (sur 38 000) et nécessiterait « entre 3 et 4 ans de travaux » durant lesquels le fonctionnement du stade serait sérieusement perturbé. Sans même attendre que l'État précise ses engagements, la Ville a donc tranché. « Nous préférons être clairs et renoncer à l'Euro 2016 plutôt que de faire une croix sur nos projets d'équipements sportifs ». Parmi eux, la restructuration-extension du palais des sports de Beaulieu, le réaménagement de la base nautique de l'Erdre, la réalisation de plusieurs terrains de foot synthétiques dans les quartiers, sans oublier le futur stade d'athlétisme couvert de Nantes métropole.
Selon l'adjointe aux Sports, Marie-Françoise Clergeau, d'autres villes, parmi les seize encore candidates à l'Euro 2016, se poseraient aujourd'hui les mêmes questions. Nantes est la première à jeter l'éponge.
Xavier Boussion