Incendie criminel chez le primeur
samedi 28 février 2009
- Nantes
Des poubelles enflammées ont attaqué le store de ce commerce niché au coeur du pôle commercial. Photo Yves Monteil.
Au Breil-Malville, des poubelles ont été enflammées au pied du commerce. Le feu a été stoppé, mais pas les émanations toxiques. Le magasin ne devrait pas rouvrir avant un mois.
Ni fruits ni fromage frais dans son cabas aujourd'hui. Cette habitante du quartier du Breil-Malville a trouvé porte close chez son primeur hier matin. Store baissé. Noirci et gondolé. « Mais que s'est-il passé ? » demande-t-elle au couple de commerçants qui l'accueillent d'habitude, derrière leur comptoir, le sourire aux lèvres. « Ils sont allés chercher des poubelles un peu plus loin, rue des Dalhias sûrement, pour les mettre au pied de notre vitrine », répète le patron, Hervé Gendrin, qui a déjà raconté mille fois la triste histoire. Ensuite ? « On y a mis le feu... » Il était 3 h 15, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le téléphone a sonné à 5 h.
Décontamination
Les flammes ont attaqué la vitrine. Mais le rideau de fer leur a barré la route. Le feu en est donc resté là. Pas les fumées toxiques. « Selon l'expert, les suies ont provoqué des dégâts », rapporte Hervé Gendrin. « Des émanations plastiques, toxiques et agressives nécessitent une décontamination », ajoute Christian Leclaire, le délégué du préfet, qui est venu hier matin apporter « son soutien » aux commerçants. Au final, un mois de travaux, au bas mot. Un couple et son fils se retrouvent contraints au chômage technique. Et tout un quartier est privé de primeurs.
Consternation
« C'est franchement regrettable », soupire Christian Leclaire. « C'est même dégueulasse ! », s'insurge une riveraine. Les pompiers ont limité les dégâts. Situé au milieu du pôle commercial du Breil, ouvert il y a cinq ans, le commerce a plusieurs voisins : un Marché Plus, un traiteur, un poissonnier, un pâtissier... Les flammes ne les ont pas touchés. « Ce qui est arrivé est purement gratuit », avance l'un d'eux. « Demain, ça peut très bien nous arriver à nous aussi... C'est la loterie. » Installés depuis 1964 au Breil, les Gendrin avaient investi ce magasin il y a cinq ans, et n'avaient « jamais eu de problème jusque-là ». Hervé Gendrin, son épouse Maryse et leur fils Jean-François ne s'expliquent pas ce qui est arrivé. « Ce doit être l'oeuvre de gamins », imaginent-ils. « En tout cas, on n'avait eu aucun problème particulier ces derniers temps ». Le quartier n'avait pas assisté à un tel spectacle depuis avril 2006. À l'époque, c'est le pôle médical, situé juste derrière le primeur, qui avait été enflammé.
Anne-Hélène Dorison (avec Yves Monteil)