- Saint-Nazaire
Mai 2008, Didier Lebeau sort de son bureau de la mairie où il s'était retranché toute la journée, un coup d'éclat qui lui vaut un premier séjour en psychiatrie. Photo S. Le Hesran.
L'obstination de Didier Lebeau l'a conduit à l'internement, son avocat attaque au tribunal administratif.
Didier Lebeau, élu de Saint-Joachim est-il jusqu'auboutiste ? Sûrement. Était-ce une raison pour le faire interner en service psychiatrique ? « Non » martèle son avocat Denis Lambert, qui demande maintenant l'annulation de la décision administrative autorisant son hospitalisation et une indemnisation pour celui qu'il défend. « Nous lançons une procédure auprès du tribunal administratif à l'encontre du maire qui a pris cette mesure qui n'est autre qu'une détention arbitraire et un muselage politique ».
« Du genre remuant »
Didier Lebeau, ancien premier adjoint de la municipalité du maire Marie-Anne Halgand est plutôt du genre « remuant ».
En mai 2008, il avait mobilisé secours et force de l'ordre. Enfermé dans son bureau de l'hôtel de ville pendant toute une journée, il menaçait de sauter par la fenêtre. Pourquoi ? Parce qu'il estimait qu'un logement d'urgence pour une famille dans le besoin n'avait pas été suffisamment rénové.
Un « coup d'éclat » assez inhabituel pour un élu qui lui avait valu de sortir encadré par deux gendarmes et un premier séjour d'office en psychiatrie.
Il remet ça en décembre
Adjoint déchu par le maire mais toujours élu comme conseiller municipal aux yeux de la loi, Didier Lebeau a remis ça en décembre dernier. Toujours contre Marie-Anne Halgand sur qui il cristallise, aux confins de l'obsession, toutes ses récriminations. Très théâtral, le 24 décembre après une grève de la faim qu'il dit « avoir suivi pendant 18 jours », l'homme s'était installé devant la mairie de Saint-Joachim pour alerter l'opinion publique relayant son action avec force de courriers auprès de la préfecture ou encore du procureur de la République.
Il avait été à nouveau interné trois semaines, « en toute illégalité, puisque la gendarmerie présente sur les lieux ce jour n'a relevé aucune infraction », raconte Didier Lebeau dans une missive de trois pages.
« Calme et cohérent »
Pour sa « défense », il livre également les commentaires de l'unité intersectorielle des urgences psychiatriques du 24 décembre, « ce jour calme, propos cohérents et adaptés. Vécu persécutif contextuel. Absence de trouble dépressif majeur, d'idéation suicidaire ou trouble anxieux ».
De son côté la municipalité avait demandé, toujours ce 24 décembre, l'intervention d'un huissier de justice qui a constaté « point par point le déroulement exact de cet après-midi », précise Marie-Anne Halgand.
S. Le Hesran
Didier Lebeau fait l'objet d'une plainte déposée le 27 décembre par Marie-Anne Halgand pour « diffamation, harcèlement et menaces de mort ». Dider Lebeau pourrait, si la procédure aboutit, être poursuivi et devoir s'expliquer au tribunal correctionnel de St-Nazaire. M.-A. Halgand affirme que les arrêtés pour l'internement, « ont été faits dans le cadre légal et sur avis médical ».
lundi 06 février 2012
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