La Corée avance masquée
jeudi 08 octobre 2009
- Sports
Hébergés depuis lundi à Saint-Sébastien, les Nord-Coréens cultivent un certain mystère. Photo AFP
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Qualifiés pour la prochaine Coupe du monde, les Nord-Coréens intriguent également question football.
D'un point de vue politique, la chose est entendue. Étrange survivance des pires dérives autocratiques, la République populaire démocratique de Corée vit aujourd'hui recluse.
Mais que valent ses footballeurs ? À l'instar de l'état de santé de leur « cher leader » (expression officielle) Kim Jong-il : délicat de le savoir.
Le premier indice nous est fourni par la FIFA (Fédération internationale). Si l'on se fie à son critiquable classement, la sélection (90e) se situerait derrière le Mozambique (84e) ou l'Ouzbékistan (85e). Pas folichon...
Sauf que cette hiérarchie ne prend en compte que les matches officiels. Or, pour d'évidentes raisons diplomatiques, la Corée du Nord les compte, régulièrement, sur les doigts d'une main. Comment, sinon, expliquer sa qualification pour la prochaine Coupe du monde ?
Quand les Bleus peinent à trouver le chemin de l'Afrique du Sud, les « Chollima » - surnom de la sélection, en référence à un mythique cheval ailé - ont, eux, déjà franchi le Cap Bonne Espérance, laissant, entre autres, l'Arabie Saoudite (4 participations) et l'Iran (3) à quai. De quoi recréer la liesse populaire ayant accompagné leurs aînés lors du Mondial 1966.
Sortis de nulle part, suite au forfait des pays africains, les Nord-Coréens - défaits par l'URSS (0-3) puis tenus en échec par le Chili (1-1) - avaient réussi l'exploit de s'offrir le scalp de l'Italie (1-0) de Fachetti, avant de s'incliner, en quart de finale, face au Portugal (3-5). Plus qu'une épopée, un mythe.
« Nous confronter à ce type de football »
Seulement n'espérez pas en tirer un sourire de l'actuel sélectionneur, M. Kim Jong-Hun, au masque de cire. « Nous voulons maintenir cette tradition, assena-t-il, mardi lors de la première conférence de presse. En les combinant aux exigences du football moderne. » Point barre.
Et le but de ce stage ? « Qualifiés pour le Mondial, nous allons obligatoirement affronter une équipe européenne durant la phase de poules. Le but est de nous confronter à ce type de football. »
Très bien. Dites-nous alors un mot sur votre championnat... « C'est différent d'ici, rétorqua le très effacé capitaine Nam Song-Chol. Nous disputons un tournoi de février en septembre. » Pour plus d'informations, prière de repasser.
Mais le plus troublant est à venir. Amené à indiquer le nom de son joueur modèle, sa référence absolue en matière de jeu, le défenseur répondit : « Le meilleur. » Comme si Baresi, Beckenbauer, Maldini et autres légendes n'avaient jamais existé. À moins que, privé d'informations, il n'en ait aucune idée...
Tout l'intérêt de cette tournée. Bien plus importante qu'il n'y paraît.
Etienne Kiss