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« Tentative de meurtre »
Grièvement blessé, l'homme est dans un état critique. « Le juge d'instruction vient de vous mettre en examen pour tentative de meurtre, des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité », égrène Nathalie Matous, juge des libertés et de la détention, en charge de statuer sur l'éventuel placement en détention provisoire de la suspecte.
« On avait trop bu »
« Je n'ai pas voulu faire de mal à mon mari, se défend l'intéressée, d'une voix blanche. On avait trop bu la veille. Mon mari m'a frappée. Je voulais mettre le feu au mobil-home mais je ne voulais pas le blesser. » Son avocate Anne-Gaëlle Gonsse plaide en faveur d'un simple placement sous contrôle judiciaire : « Elle a un petit garçon de 8 ans dont il faut qu'elle s'occupe. Si on lui interdit d'entrer en contact avec son mari, il n'y a aucun risque de trouble. » Suspension de séance. Nathalie Matous délibère. Et tranche : la mère de famille doit partir en prison. « Les faits sont trop graves pour vous laisser sortir immédiatement, énonce la juge. On pourra envisager une remise en liberté plus tard mais pas en l'état. »
« Il n'a jamais connu la prison»
Le lendemain matin, c'est un jeune de 19 ans qui attend d'être fixé sur son sort. Il a été surpris en possession d'héroïne et de cannabi8s dans une chambre d'hôtel. « Je suis désolé de m'être fait entraîner dans ce trafic de stups, murmure-t-il piteusement, avant de mettre en exergue un possible boulot qui l'attend s'il recouvre la liberté. « C'est un très jeune garçon, il n'a jamais connu la prison, tente son avocat. Et puis il s'est révélé causant face aux enquêteurs, il a parlé avec beaucoup de franchise. »
« Pour éviter les concertations »
C'est Marc Fricoteaux qui opère sur ce dossier comme juge des libertés et de la détention. Il ordonne l'incarcération du suspect. Mais trouve les mots qui rassurent : « On ne va vous garder de longs mois, promet-il à l'adresse du jeune majeur. Le but, c'est de protéger l'enquête et d'éviter toute concertation avec vos complices. » Dans les couloirs, un avocat soupire : « Ici, c'est le dernier arrêt possible avant la prison. Parfois, ça fait l'effet d'un électrochoc. Le client qui sort libre a senti qu'il était à deux doigts de se retrouver enfermé. »
Yan Gauchard
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