Le commerce coquin prend ses aises à Nantes
vendredi 10 octobre 2008
- Nantes
Selon Grégory Dorcel, « 65 % de couples et 25 % de femmes seules ou accompagnées d'amies composent la clientèle de sa boutique. »
Photo Nathalie Bourreau
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Sexity et Dorcel Store, route de Vannes. L'Alcôve, quartier Bouffay. Les sex-shops nouvelle génération, véritables libres-services de l'érotisme, se développent dans la région nantaise.
Séduite par le concept, je suis déjà allée deux ou trois fois chez Sexity. Par curiosité puis pour faire des petits achats coquins... » Pat, 40 ans, avoue être « entrée facilement dans ce love store. Cela ressemble à une boutique comme une autre. Cela n'a rien à voir avec un sex-shop de centre-ville. »
La route de Vannes affiche petit à petit un carré rose dans son offre commerciale avec ses boutiques décomplexées. Il y a six mois, la boutique Sexity, en référence à la série américaine Sex and the city, a ouvert ses portes. Mercredi, c'est le magasin Dorcel Store qui a été inauguré en grandes pompes par Marc Dorcel lui-même. « Qui est-ce ? » Marc Dorcel est à la production de film X ce que Zinédine Zidane est à sa légendaire roulette sur un terrain de football.
Des couples, des femmes...
Les love stores, précisent leurs gérants respectifs, « veulent développer un genre tout à fait nouveau ». Un genre où il serait donc fini le temps où on pénétrait dans un sex-shop en faisant profil bas ? Pour le quitter en catimini avec une vidéo ou autre gadget caché sous le manteau ? « Ce n'est pas forcément la même clientèle, convient Michel Jézéquel, gérant de Dorcel Store. Notre boutique se veut complémentaire. » Le sex-shop serait, semble-t-il, plus attractif pour la clientèle masculine, avec notamment les cabines de visionnage. « Nous, nous accueillons beaucoup plus de couples, de femmes,... »
Spacieux, en libre-service, ouverts aux conseils : le concept de ces « love stores » plaît. « On y trouve une image plus saine, moins perverse, avoue Pat. On y croise plein de monde, de sexe différent et d'âge différent, sans que les uns regardent ce que cherchent les autres. Cela ne me gênerait d'ailleurs pas d'y aller avec mon partenaire. »
...Et les Dieux du stade
Godemichés, tenues d'infirmière, menottes, jeux de société où l'on assure que le gagnant sera « celui qui a le plus de cul » (sic), pilules assurant érection prolongée, dessous chics - ou chocs - et même le calendrier les Dieux du stade avec les rugbymans de l'équipe de France nus,... Il y en a pour tous les goûts.
« Les sex toys sont le plus gros de la vente, affirme Antoine Ferrier de Sexity. Suivent lingerie, cosmétiques, jeux coquins,... Le côté glamour est très important. Nous voulons proposer tout ce qui tourne véritablement autour de l'érotisme. Avec le côté joyeux, ludique. » Quand d'autres pays européens ont, selon Antoine Ferrier, déjà développé ce concept de vente d'objets érotiques, « la France est en retard sur le sujet. » Il était donc temps de s'y mettre...
Cédric Blondeel