Le docu écolo d'un Nantais
mercredi 06 janvier 2010
- Nantes
Le réalisateur montre la pellicule de son premier film tourné en 1984, une fiction.
« Sous les pavés, la terre », film de Thierry Kruger, a déja été projeté dans les festivals militants.
Enfin cinéaste. Et reconnu comme tel. Thierry Kruger, on le croise souvent dans les manifs à Nantes, caméra à bout de bras, moitié militant, moitié professionnel. Volontiers provocateur, il mêle la rudesse à une sensibilité à fleur de peau. Entre 2007 et 2008, cet anar sincère et son camarade angevin Pablo Girault ont mûri un film de cinéma en haute définition de 95 minutes résultant de 60 heures de rushs filmées dans toute la France. Il sera projeté ce soir au cinéma Bonne Garde à Nantes puis au Katorza, à Vallet et Châteaubriant.
Déjà projeté des dizaines de fois en France
Sous les pavés, la terre est sorti au printemps dernier. Produit par Brut production (Montpellier), il a circulé en France dans les festivals militants. Les auteurs négocient avec la maison CTV qui avait distribué Nos enfants nous accuserons, documentaire ayant atteint 200 000 entrées. « Pourquoi pas 50 000 à 100 000 entrées ? s'enthousiasme Thierry Kruger. Puisque le film a déjà rempli des salles. » Selon une « perspective écologique et durable », ce documentaire, que nous n'avons pu visionner, a l'ambition de faire la synthèse de « se nourrir, se loger et se déplacer », les trois parties du film. Basé sur une trentaine d'interviews entrecoupées de respirations montrant « des oeuvres d'art et d'artisanat », le film est mis en musique par Laurent Tixier et les groupes nantais les Modules étranges et Demian Clav.
Halte aux cancers et à la surconsommation
« Chaque partie expose des erreurs (les pesticides, le chauffage électrique, les grands aéroports, etc.) puis présente des solutions concrètes », indique le réalisateur. L'astrophysicien Hubert Reeves, l'écologiste José Bové, le scientifique Jacques Testard, des artisans, des paysans, des agronomes et des anthropologues invitent à « changer le rapport à la Terre ». Pour se nourrir, l'agriculture bio évite les dégâts des pesticides accusés d'augmenter la fréquence des cancers et les profonds labours sont dénoncés. Pour se loger, la plume de canard est préférée à la laine de verre dans l'isolation et les maisons en briques de terre cuite ou en terre et paille se révèlent moins chères et plus durables, car construites avec des matériaux locaux, mais aussi moins consommatrices d'énergies, plus chaudes l'hiver, plus fraîches l'été. Le logement écolo implique aussi de « virer le crépi qui étouffe la pierre et la terre, et empêche la maison de respirer ».
Le dirigeable rigide gros porteur au lieu de l'avion
Alors que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes agite la vie politique ligérienne, le film montre les dirigeables rigides gros porteurs de la société basque Aérospace Adour Technology. « Gonflés à l'hélium, ils peuvent transporter 4 000 personnes à 2 000 mètres d'altitude et se posent n'importe où ou presque », explique Thierry Kruger. Fini la vitesse puisqu'il faudrait « trois à quatre jours pour relier Paris à New-York. » Impliquant un renversement des valeurs, « ces dirigeables pourraient transporter des hôpitaux dans les zones de famine ou de conflits ».
Frédéric Testu
Projections
« Sous les pavés, la terre », au cinéma Bonne Garde ce soir à 20 h, au cinéma le Katorza le 19 janvier à 20 h 10, en février (date indéterminée) à Legé, à Vallet, puis le 26 mars à Châteaubriant.