Le mystère de l'enveloppe piégée
mercredi 14 octobre 2009
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Un périmètre de sécurité a été mis en place devant la gendarmerie et la route reliant Nantes à Châteaubriant a été coupée. Photos Jérôme Jolivet
La lettre contenait un gaz toxique. Les victimes sont hors de danger. L'auteur du courrier n'est pas identifié.
LA MEILLERAYE
Ils enfilent leurs combinaisons blanches intégrales sur la chaussée au milieu des camions de pompiers. Positionnent sur leurs visages d'impressionnants masques respiratoires. Et entrent dans les locaux de la gendarmerie de La Meilleraye-de-Bretagne.
Ces spécialistes des risques chimiques et biologiques ont travaillé d'arrache-pied une bonne partie de la journée d'hier dans cette paisible commune de 1 200 habitants du nord du département. En fin de matinée, un militaire y a fait un malaise. Il venait d'ouvrir une enveloppe déposée dans la boîte aux lettres de la brigade.
« J'avais les yeux qui piquent, des fourmillements sur la langue, des maux de tête, des nausées et des palpitations cardiaques, racontait hier soir cet officier de police judiciaire de 29 ans. Je n'ai pas trop eu le temps de réfléchir. J'ai immédiatement composé le 18 et j'ai essayé de garder la tête froide ».
Aucune hospitalisation
Pas question de sortir ou même de ventiler la pièce. « Dans ces cas-là, on a pour consigne de garder le bâtiment hermétique pour éviter la volatilisation complète du produit afin de pouvoir ensuite l'identifier ».
En approchant de l'enveloppe, les trois pompiers du centre de secours de Moisdon-la-Rivière ressentent à leur tour les mêmes symptômes que le gendarme. Les quatre victimes sont finalement placées à l'isolement. Puis examinées par des médecins. Elles récupèrent au bout d'une grosse demi-heure. Aucune hospitalisation n'est nécessaire. Juste une douche à l'eau et au savon pour terminer la décontamination.
Les gendarmes, eux, démarrent d'importantes investigations. « On se doit de lever tous les doutes possibles sur la nature du produit », explique Frédéric Ravaux, commandant de la compagnie de Châteaubriant. « Il y a énormément de possibilités, depuis le produit lacrymogène jusqu'à certains gaz toxiques incapacitants utilisés par les terroristes », précise un pompier spécialiste des risques chimiques et biologiques.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le courrier suspect ne contenait ni poudre, ni liquide. « Plutôt un gaz de type lacrymogène civil utilisé pour l'auto-défense ». Une unité spécialisée dans les risques chimiques de la Sécurité civile de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) a été dépêchée sur place par hélicoptère. Des prélèvements sur des tubes de charbon actif et de silice ont été réalisés. Ils seront analysés au laboratoire de Ploufragan (Côtes-d'Armor).
L'enveloppe blanche renfermait aussi un message à caractère religieux rédigé sur une feuille de papier A4 pliée en trois. « L'oeuvre d'un illuminé, envisage hier une source proche de l'enquête. En tout cas, rien ne laissait supposer que cette brigade puisse être visée de la sorte ». Les efforts des enquêteurs se portent désormais sur l'identification de l'auteur de ce courrier malveillant.
Jérôme Jolivet
Repères
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