LA MEILLERAYE
Le courrier n'a sans doute jamais été « piégé ». Trois jours après qu'
un gendarme et trois pompiers ont été incommodés par une lettre déposée à la gendarmerie de La Meilleraye-de-Bretagne mardi, les militaires peuvent maintenant souffler : a priori, personne n'a jamais voulu leur faire de mal.
« Tout cela ne serait pas intentionnel », indiquait hier soir un enquêteur.
« Il pourrait finalement s'agir d'une malheureuse coïncidence... » « Plein de bonnes intentions »Explications :un homme a été interpellé vendredi. C'est un jeune pasteur, d'origine congolaise, qui posséderait un local à Saint-Herblain. Les enquêteurs ont retrouvé sa trace grâce au tract contenu dans l'enveloppe. Invitant à
« une réunion de partage qui devait se tenir samedi (soit hier)
dans le coin », il avait été très largement distribué dans le secteur.
« L'homme qui l'a déposé appartient à un courant qui se situe à mi-chemin entre les Évangélistes et les témoins de Jéhovah », commentait hier un gendarme.
« Seulement, il soutient qu'il était plein de bonnes intentions et il ne s'explique pas comment cette lettre a pu avoir de telles conséquences... » Les gendarmes non plus. Du moins pour l'instant. En attendant, ils pensent l'homme sincère. Ont
« du mal à croire » que le pasteur ait pu leur mentir. D'autant qu'en perquisitions, les enquêteurs n'ont pas retrouvé l'ombre d'un produit chimique. Bref, tout un lot d'indices les conforte dans l'idéeque
« cet homme ne voulait pas ce qui est arrivé ».
« On ne comprend toujours pas »« Maintenant, il va falloir établir ce qui a pu arriver. Parce que pour l'instant, on ne comprend toujours pas vraiment », expliquait hier un proche de l'affaire.
« On se demande si ce ne peut pas être dû à un mélange malheureux, qui ne serait pas de son fait. Ce genre de choses peut se produire quand deux mauvais produits entrent en contact. » Le pasteur était toujours en garde à vue hier soir. Mais il devait être relâché dans la soirée. Sans autre forme de poursuite. En attendant, les tracts n'ont finalement servi à rien. La réunion, qui devait se tenir hier, n'a pas eu lieu. Normal... L'homme était chez les gendarmes.
Anne-Hélène Dorisonanne-helene.dorison@presse-ocean.com