Le peintre Yvon Labarre a tiré sa révérence
mercredi 14 mai 2008
- Couëron
Yvon Labarre, lors de sa dernière exposition à Cordemais, en octobre 2006.
Photo Xavier Trochu
Natif de Bouée, Yvon Labarre se définissait pourtant comme « le peintre de Lavau ». Illaisse derrière lui une oeuvre importante marquée par ses paysages de l'estuaire de laLoire, mais aussi le souvenir d'un homme au caractère entier.
Il installait son chevalet ici ou là, à Cordemais, souvent du côté de Lavau, à proximité de cette Loire qu'il aimait peindre. L'artiste Yvon Labarre s'est éteint ce week-end à Nantes à l'âge de 64 ans des suites d'une leucémie.
Son atelier à Bouée
Après des études de peintre en bâtiment au lycée de Saint-Nazaire, Yvon Labarre passe deux ans à l'École d'art appliqué de Tours. Il expose pour la première fois à la fin des années 70 à Rennes, où il vient de passer 10 ans à poursuivre sa formation et ses recherches artistiques.
Il avait installé depuis 1978 son atelier dans le village voisin de Bouée où il était né en 1943. Pour le maire de cette commune, il n'y a aucun doute, « tout le monde reconnaissait ses grandes qualités de peintre ». Et ce malgré « de mauvais rapports avec la municipalité » dans laquelle il n'avait même jamais exposé. Un comble lorsqu'on sait que ses toiles ont été montrées au public aux quatre coins de la planète.
Londres, La Baule, New-York, Ancenis...
Le début des années 80 marque le tournant de sa carrière professionnelle. Les expositions s'enchaînent, allers-retours permanents entre l'Ouest où il puise la matière de ses oeuvres et les galeries les plus prestigieuses : Rennes, Londres, La Baule, New-York, Ancenis, Megève, Angers, Göteborg, Concarneau, Berlin, La Rochelle, Helsinki... mais aussi Cordemais où il a assisté en octobre 2006 au vernissage de son exposition juste avant d'être hospitalisé.
Depuis, il n'avait plus touché à un pinceau. Il y a à peine deux semaines, il avait pourtant fait cette confidence à une connaissance au téléphone : « Je pense repeindre ».
Pour le maire de Cordemais, Joël Geffroy, la disparition d'Yvon Labarre « est une grosse peine ». « C'était quelqu'un que j'adorais. Il était l'enfant de Bouée mais aussi un peu celui de Cordemais : il avait peint les marais, l'église, il avait su mettre en valeur tout un patrimoine ».
« Ses nombreuses toiles, toutes preuves flagrantes de son attachement à notre territoire, immortalisent ces couleurs et paysages qui ont bercé son enfance et sa jeunesse. Ce sont ces décors uniques qui ont éveillé son sens artistique et inspiré son oeuvre », pouvait-on lire sur un édito qui lui était consacré pour la présentation de sa dernière exposition à Cordemais.
« Perfectionniste à l'excès »
Le maire évoque aussi une personnalité « attachante, perfectionniste à l'excès, qui laissera une empreinte forte même si le personnage était souvent décrié ».
« Lorsqu'il exposait, tout devait être aligné au millimètre, se remémore Joël Geffroy. Ce n'était pas toujours facile, mais on était obligés de le suivre car le résultat final était toujours parfait. C'était vraiment quelqu'un de remarquable. »
Les Cordemaisiens peuvent toujours admirer une de ses oeuvres, une céramique exposée dans le hall d'accueil de la piscine du centre Aquamaris de la commune.
Jérôme Jolivet
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