- Vignoble
Président du syndicat des vignerons indépendants nantais, Clair Moreau revendique le maintien des prix.
La mévente persiste dans le muscadet. La profession s'impatiente et cherche des solutions.
La situation est critique. Mais pas désespérée. Certains veulent pourtant jeter l'éponge. Usés, le moral en berne et les poches vides. Le Vignoble nan-tais traverse une période diffi-cile. Une de plus. Cette fois, la récolte n'est pas en cause. Le millésime 2009, dont les muscadets sur lie déboulent lundi sur le marché, s'annonce exceptionnel. Le problème est ailleurs. Dans la mévente qui frappe les vignerons depuis des mois. Dans l'oeil du cyclo-ne, ceux qui ne travaillent qu'a-vec le négoce. « Certains n'ont rien vendu depuis l'automne 2008. L'argent vient à manquer sur les comptes. À ce rythme, ils ne tiendront pas le coup. » Le constat, cruel, est signé Clair Moreau. Mais nombreux sont ceux qui partagent l'analyse du président des vignerons indépendants nantais.
« Pas de baisse des prix »
Bien sûr, le négoce vient d'a-cheter 85 000 hl de moûts et de vendanges fraîches. Mais pour les vins clairs, c'est la chute libre : - 69 % pour le nouveau millésime de muscadet générique et primeur. N'y aurait-il plus de débouchés ? Le problème, c'est le gel de 2008 qui a désorganisé l'offre et la demande. Refroidie par la hausse des prix, la grande distribution vit aujourd'hui sur ses stocks. Résultat, les ventes de muscadet en grande et moyenne surface s'effondrent : -20 % en un an pour le sur lie, -37 % pour le Sèvre et Maine, -53 % pour le générique. Et pendant ce temps-là, les marchés à l'export payent les effets de la crise au prix fort. Bref, il y a « du découragement et un cruel manque de confiance dans l'avenir » en muscadet. Pourtant Clair Moreau veut y croire. « Il faut réalimenter les marchés d'entrée de gamme que le muscadet a désertés après le gel. » Sans pour autant brader le produit : « Il faut un prix en rapport avec nos coûts de production. »
Opérations promotionnelles
Le Castelthébaldais milite pour la mise en place d'opérations promotionnelles ponctuelles : « Quand la demande est insuffisante, il faut savoir aller la chercher. » En tant que vice-président de la Chambre d'agriculture, il sollicite aussi le préfet. « Compte tenu du recul actuel des ventes et de la reprise du marché qui n'est attendue, au mieux, qu'à la fin du premier semestre, l'État doit nous accompagner en aidant notamment le négoce à travailler plus activement, à l'export en particulier. » Et dans l'hypothèse où la dégradation commerciale persiste, « il faudra un plan social pour accompagner les exploitations. »
Rémi Certain
Planète muscadet
InterLoire y va de son plan de relance commerciale en engageant 500 000 € dans une campagne de communication à la radio et des animations dans les points de vente (cavistes, restaurateurs, grandes distribu-tions...). Début de l'opération « Planète muscadet » en juin.
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