Les ados et la radio ? « Moi j'écoute jamais ! » répond Julien du tac-au-tac. « Si, moi je l'écoute. Mais que pour la musique ! »... Dans la classe de 4e du collège Saint-Laurent, les adolescents de 14 ans qui font face au journaliste de radio Anthony Marsais sont les mêmes qu'ailleurs. « Pas mieux, pas pire ! s'amuse l'intervenant. Ils sont vraiment dans un âge où ils ne s'intéressent pas du tout à l'actualité... »
Du français déguisé
Et pourtant, les ateliers radio qu'il propose aux collèges du département font le plein. « Mine de rien, ces ateliers permettent de faire du français ! remarque Elodie Thébaud, leur professeur de français. Ils travaillent la rédaction, en ayant des consignes particulières : l'information la plus importante en premier, des phrases courtes, etc. » Pour Adrien, « c'est quand même drôlement mieux que les cours de d'habitude ! », même si, côté inspiration, le travail n'a pas l'air si facile que ça...
« L'idée, sur des ateliers de trois heures comme ici, c'est de leur fournir trois petits textes, de leur en faire choisir deux pour les transformer en flash radio, et d'inventer une petite chronique météo » explique le journaliste de Radio Côte d'Amour. Par petits groupes, ils passent ensuite au micro, pas tant pour le choix des mots cette fois que pour l'attitude, le ton. « C'est une façon de leur faire prendre confiance en eux. Si tu es timide ou peureux, dans un micro, ça s'entend tout de suite ». Alors évidemment, quand le joyeux Julien lance sa météo catastrophe avec une voix rieuse et fanfaronne, les copains rigolent... Même si tous ne sont pas aussi à l'aise : « La règle n°1, c'est d'ar-ti-cu-ler ! » répète à l'envi Anthony à deux demoiselles qui ont fait leur flash... en parlant à leurs pieds.
Passer le message
Mais malgré tous ces petits défauts, le travail est efficace et le message passe. « Eux, ils voient le côté ludique, ils jouent avec l'info » sourit le journaliste, qui s'amuse des réactions des ados. « Quand je leur fais une démonstration de présentation de flash, je les entends dire, dans la classe : «On dirait un vrai !» ». N'empêche : à quelques jours de la semaine de la presse, l'outil médiatique permet un apprentissage vivant et un moment très convivial. Et ouvre aux collégiens les portes de l'information.
Mathilde Clavier-Bourgine