Les restaurateurs n'y croient pas
mardi 24 novembre 2009
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« La baisse de la TVA a été une véritable bouffée d'oxygène » estime la profession. Photo Nathalie Bourreau
+ Actualisation 8h15 : cette nuit, les sénateurs ont rejeté l'amendement (article du Monde)+ Vous, avez-vous constaté une baisse des prix ?
La question sera au coeur des discussions du congrès national de l'UMIH, qui s'ouvre aujourd'hui à Nantes.
Comment est-ce possible ? » C'est la question que se posent les restaurateurs de Loire-Atlantique alors que des sénateurs ont voté hier un amendement pour ramener la baisse du taux de la TVA de 19,6 % à 5,5 %. Le congrès national de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui se tient jusqu'à jeudi à Nantes, ne va certainement pas manquer d'en parler. Premières réactions.
Christophe Delahaye, le Lutétia à La Baule
« Ce sera difficile de revenir en arrière » estime le restaurateur baulois, fervent partisan de la TVA à 5,5 %. Au Lutétia, le menu d'appel est d'ailleurs passé de 24 à 22 €. « Grâce à cette mesure, nous avons pu augmenter les salaires. Un retour est impossible ».
Gaëtan Rotais, le Pâtisseau à Pornic
Pour ce professionnel pornicais, le débat ne se situe pas au niveau du taux de la TVA mais des compensations : « Revenir à un taux de 19,6 % ne me gène pas du moment que cette mesure est accompagnée par des aides directes pour l'emploi. » L'embauche est en effet, pour Gaëtan Rotais, « une priorité ». Seulement, depuis la baisse de la TVA, « nous n'avons plus du tout d'aides financières ».
Christiane Dauce, Au Bon Accueil à Saint-Nazaire
Christiane, restauratrice depuis 38 ans, s'inquiète pour l'avenir de la profession. « Pour nous, c'est de plus en plus difficile, surtout si on nous enlève tout. » Abattue, elle fait partie de ces restaurateurs qui ont investi pour se mettre aux normes et qui ont « joué le jeu ». Elle a refait ses cartes, augmenté ses salariés et aménagé le restaurant aux normes de sécurité. « En ces temps de crise, la baisse de la TVA nous avait permis de maintenir les postes ».
Guy Bourdic, le Café du marché à Nantes
« La baisse n'était que justice ! » Guy Bourdic s'est battu quinze ans pour faire réduire la TVA. Augmentation des salaires, investissements et baisse des prix : il a été dans les premiers à suivre le mouvement, avant même l'application de la loi. « Aujourd'hui, je le regrette. Nous sommes pénalisés par des collègues sur la côte qui, eux, ne baissent pas leur prix et font d'autant plus de profit », soupire le restaurateur nantais.
Christian Thomas, la Brasserie Félix à Nantes
« Aucune mesure n'a été prise pour encadrer l'application de la loi » remarque Christian Thomas, qui assure avoir baissé ses prix de 10 à 12 €. Seulement, « il aurait fallu relever les prix avant et après pour pouvoir les comparer et avoir une idée plus précise des tarifs qui sont réellement pratiqués partout en France. »
Bertrand Thomas, L'Euskadi à Vertou
« La baisse de la TVA a été une véritable bouffée d'oxygène. » Depuis, le patron de cette jolie table a pu embaucher un salarié et baisser ses prix de 10 %. Mais aujourd'hui, il est agacé. « Les décisions sont prises en se basant uniquement sur les prix exorbitants pratiqués à Paris ». Et « pour être juste, on devrait aligner le taux à 10 % pour tout le monde, à commencer par les fast-foods. »
Céline Maxant