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mardi 27 novembre 2007

Lisbonne vole la Folle Journée !

René Martin, directeur de la Folle Journée, est amer. La ville de Lisbonne, avec qui il travaillait depuis sept ans, a fait main basse sur son festival de musique classique. L'adjoint à la culture de Nantes réfléchit à des contrats de protection.

Ce sont des méthodes de voyou ! Â» René Martin ne mâche pas ses mots quand il évoque la rupture, officiellement consommée, avec Lisbonne. Normal : il s'est fait littéralement embrouiller son concept par un « faiseur Â», comme il dit, qui lui a détourné « sa Â» Folle Journée. Un hold-up en douceur.

Tout allait pourtant jusque-là dans le meilleur des mondes de la musique avec la capitale du Portugal qui, à l'image d'autres villes (Bilbao, Rio de Janeiro ou Tokyo), accueillait la Folle Journée. « Pendant sept ans, nous leur avons tout apporté gratuitement, des artistes à la technique, dans la plus parfaite intelligence. Â»

Mieux, il y a deux ans, René Martin avait même été chargé de la programmation musicale du centre culturel Belém à Lisbonne. Pour couronner le tout, le président de la République portugaise de l'époque, Jorge Sampaio, le décorait de la médaille de Commandeur de l'Ordre de l'Infant Henrique. La plus haute distinction jamais remise à un étranger.

De « fausses Â» raisons budgétaires

Alors que s'est-il passé ? « En septembre dernier, on a reçu un courrier de Lisbonne pour nous prévenir que la Folle Journée ne pouvait plus avoir lieu faute de budget, souligne René Martin. On s'est d'abord étonné et on a pensé chercher une solution pour les aider. Mais ils nous ont expliqué à nouveau et à plusieurs reprises que pour des raisons budgétaires, elle devait s'arrêter. On a pris acte. Â»

Un mois après le dernier courrier portugais déclarant interrompre le festival, des agents de musiciens nationaux et internationaux téléphonent à René Martin. Ils lui font part de leur étonnement après avoir été contactés par Lisbonne pour... un festival de musique classique, d'abord consacré au piano puis à tous les instruments. Bref, une « vraie Â» Folle Journée mais sans l'équipe de Nantes.

« En fait, il est arrivé une nouvelle personne à la place de notre interlocuteur habituel, un «faiseur» qui s'occupe de la culture à Lisbonne. Ils ont tout piqué, poursuit René Martin. On a discuté entre nous avec le conseil d'administration et on a décidé de ne pas attaquer en justice. Â» Et de laisser tomber Lisbonne.

Contrats de protection

Le fait est qu'il n'existe pas de contrat écrit entre les villes qui organisent avec René Martin la Folle Journée. Tout est oral. « Un pays comme le Japon respecte la parole donnée. Â»

Mais, pour Yannick Guin, l'adjoint à la culture de Nantes, « ce qui est arrivé à Lisbonne n'est pas une petite péripétie. C'est un symptôme que l'on doit considérer comme tel. Nous allons devoir avoir des compétences dans le domaine de la protection. Â» Et à ce titre, il travaille déjà avec Michèle Guillossou, la directrice du festival de la Folle Journée, pour mettre en place des contrats types.

Stéphane Pajot

 

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