En quoi consistait votre travail sur Terre promise ?
« Sur Terre promise, Christophe (ndlr, Rouxel, le metteur en scène et directeur du théâtre Icare) avait fait un premier découpage/montage du livre d'Odensten. Il s'agissait de scénariser ce premier travail, donner vie, relief et mouvement à la narration. Très vite, les personnages, debout dans l'air vrai d'un décor naturel, enfin incarnés, ont ressenti le besoin de s'exprimer. On leur a donc donné la parole, leur enjoignant de rester tout de même fidèles sinon scrupuleusement au texte mais à l'esprit du roman. Je les y ai aidés. Ils s'y sont pliés. »
Pour la Ville des fous, comment pourrait-on résumer l'histoire ?
« La fondation, la croissance, l'expansion, l'extinction d'un village habité par des gens qui pourraient être nous, nos parents, nos enfants. Un village où la vie révèle sa folie et où la folie révèle la vie. »
Vous avez retravaillé le scénario, comment ?
« D'abord, pour rester précis, il ne s'agit pas de scénario ici mais d'une pièce de théâtre adaptée d'un roman. On avait été taxés à maintes reprises d'hermétisme l'année dernière et je crois que c'était dû à notre trop grand respect de l'écriture. Christophe m'a demandé de clarifier le style sans trahir le propos. J'ai dégagé les lignes de force entre les personnages dès le début. De cette manière, on ne les perd jamais de vue d'un bout à l'autre. J'ai retravaillé et augmenté les dialogues pour des rôles qui en avaient peu ou pas, gommé l'ésotérisme envahissant au bénéfice de l'humanité, de la loufoquerie, de l'humour, créé des scènes inédites et reconstruit des parties entières. »
Quelles qualités lui trouvez-vous ?
« A quoi ? Au travail ? À l'histoire ? À la pièce ? Je ne sais pas trop comment répondre à ça. C'est marrant, on dit «qualités» pour une personne... C'est un être de coeur ; on dit, Ha ! elle, c'est une courageuse ! Voilà un gentil ! Elle a tout ce qu'il faut pour faire une bonne épouse... Je ne sais pas ce que c'est, une qualité pour une oeuvre théâtrale. Peut-être peut-on dire de Roméo et Juliette que c'est universel ? C'est une qualité, ça ? Et du coup, oui, puisqu'on parle de personne, on pourrait dire de Gheel la ville des fous, de cet OVNI théâtral, qu'il est organique. »
Propos recueillis par
M. Vaillant-Prot
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