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Hier, l'EPM accueillait 33 détenus ; la structure carcérale a une capacité d'accueil de 60 places. Archive N.B.
Cinq agents de l'administration pénitentiaire restent « sonnés et choqués », après la scène de révolte qu'ils ont vécu dans la nuit de mercredi au sein du quartier arrivant de l'Établissement pour mineurs (EPM) d'Orvault.
Le « coup de chaud » a débuté peu après minuit. Un jeune détenu de 17 ans a incendié sa cellule. Face aux fumées épaisses qui se dégageaient, les agents ont dû procéder à l'évacuation des six cellules alors occupées dans ce quartier. Les détenus ont été emmenés dans une cour de promenade.
Le souffle de la mutinerie s'est alors propagé.
« Profitant de l'agitation et de la mobilisation du personnel pénitentiaire sur le sinistre, au moins quatre des jeunes détenus ont commencé à casser des vitres, relate Carlos Daniel, délégué régional adjoint FO.
Ils ont investi un bureau qu'ils ont mis à sac. »
Quartier disciplinaire
L'un des jeunes a expédié une bouilloire sur le bras d'un surveillant. Deux autres ont trouvé refuge sur les toits de l'établissement. Pompiers, policiers sont intervenus, ainsi que les équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) de Rennes. Le calme est revenu vers 3 h du matin. Quatre des fauteurs de trouble ont été placés en quartier disciplinaire. « On est passé tout près de la catastrophe car la tension était extrême, commente Carlos Daniel. On ne s'imagine pas la gravité de la violence, on aurait pu avoir un surveillant qui reste sur le carreau. »
« Les gars ne savaient pas ce qui allait leur arriver », abonde Yann Hervé, du syndicat UFAP/UNSA, qui ne « voit aucune explication » à cette poussée de fièvre.
« L'EPM d'Orvault fonctionne très bien et donne de bons résultats », indique pour sa part un représentant du parquet de Nantes. Mercredi soir, « l'équipe de surveillance était composée de quatre agents et d'un gradé, comme d'habitude, indique Yann Hervé. L'idéal serait évidemment d'affecter un surveillant à chaque détenu mais on sait très bien que les effectifs sont moins importants durant le service de nuit. »
Deux agents ont été blessés. Souffrant d'une entorse, l'un d'eux s'est vu notifier sept jours d'arrêt. Hier, la direction de l'EPM refusait de s'exprimer.
Les cinq jeunes, soupçonnés d'avoir participé aux hostilités, devaient être transférés vers d'autres établissements.
Yan Gauchard
dimanche 29 janvier 2012
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