Nantes 7 dépose le bilan
mardi 18 août 2009
- Nantes
251 700 spectateurs regardent régulièrement les programmes de Nantes 7, une chaîne de télévision locale créée en décembre 2004.
Aucun des trois repreneurs potentiels ne s'engageait avant 2010. 24 emplois sont menacés.
NANTES
La belle aventure n'a jamais été aussi proche de la fin. Les caisses de Nantes 7 sont vides et l'écran noir menace.
Comment en est-on arrivé là ? Depuis sa création, en décembre 2004, la télévision nantaise privée n'est jamais parvenue à l'équilibre financier. La majorité des actionnaires a fini par « fermer le robinet ». « Faute de nouveaux apports en trésorerie, Nantes 7 se trouve en état de cessation de paiement » résume dans un communiqué son président, Antoine de Tarlé. Trois repreneurs s'étaient pourtant fait connaître. Mais aucune des propositions ne permettait de transmettre l'activité avant 2010 et les actionnaires, réunis hier à Nantes, se sont refusés à un nouvel effort, qui aurait permis de couvrir les besoins en trésorerie jusqu'à la fin de l'année. Dès lors, le dépôt de bilan de la télévision locale privée s'imposait. « Seul le groupe Synergie, qui détient 15 % du capital, s'y serait opposé » remarque Julie Hulin, la déléguée du personnel de la chaîne. Car désormais, les 24 emplois sont sur la sellette. Le tribunal de commerce devra nommer dans les prochains jours un administrateur judiciaire pour gérer le quotidien et examiner l'avenir de la chaîne. « Nous, ce que l'on craint, c'est qu'il nettoie la boite pour la refiler ensuite à Télénantes » s'inquiète Julie Hulin. Télénantes, chaîne associative financée par les collectivités publiques, partage le canal avec Nantes 7. Elle a fait récemment une offre de reprise pour l'euro symbolique, en ne conservant que 10 des 24 emplois.
« Des enjeux politiquesqui nous dépassent »
Les salariés de Nantes 7, qui reprenaient hier le travail après les vacances estivales, sont « tristes et inquiets ». « C'est le coup de massue. Les actionnaires nous laissent tomber comme une vieille chaussette. Il y a un sentiment d'un gâchis énorme » résume l'un d'eux. De fait, Nantes 7 avait, depuis sa création, réussi à s'installer durablement dans le paysage médiatique local. Diffusée en TNT et en hertzien analogique sur l'ensemble de la Loire-Atlantique depuis l'émetteur de Haute-Goulaine, elle occupait quotidiennement 19 heures d'antenne. Selon le dernier sondage Médiamétrie, 251 700 personnes regardaient régulièrement ses programmes. « C'est sûr » soupire Julie Hulin, « il y a aussi dans cette affaire des enjeux politiques qui nous dépassent ».