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Benoît Lucchini, rédacteur en chef adjoint du guide : « On ne dit jamais que l’on est du Routard ». Photo SP
Après la Norvège, le Népal ou la Malaisie, vous préparez un guide sur Nantes, c’est moins exotique ?
« Tous les voyages sont exotiques. Nantes est exotique. Je pars d’une page blanche, les types de découvertes sont les mêmes. Quand j’explique à des copains que je file au Brésil, ils font « ahhh » et « ohhh » quand je dis que c’est dans le Berry, c’est le contraire alors que pour moi, c’est le même plaisir. »
Nantes, vous connaissiez la ville, vous êtes seul à rédiger ?
« Non, pas du tout, c’est la première fois, je suis tombé sous le charme. Avec Pierre Josse, le rédacteur en chef et Dimitri Lefèvre, nous travaillons dessus à trois. Nous serons restés deux mois au total. On est tous au charbon, de vrais artisans, qui liment, poncent, rabotent. On a évoqué la ville dans les guides « Bretagne sud » et « Pays de la Loire ». Cette fois, Nantes aura son guide du Routard comme Lille, qui, pour son côté « dépoussiérage » et sa nouvelle image neuve et réussie, lui ressemble. »
Dans quelles conditions vous travaillez ?
« Incognito. On ne dit jamais que l’on est du Routard sauf dans les musées. Pour les hôtels, on vient en fin de matinée, on raconte un petit bobard pour dire que l’on réservera bientôt et on visite les chambres. Cela nous permet de tester l’accueil. Avec les restaurateurs, je suis un peu casse-pieds, je pose beaucoup de questions. J’ai eu plein de coups de cœur. »
Comment faites-vous pour l’histoire de la ville ?
« Je suis accompagné d’un guide de l’office de tourisme. On a passé plusieurs jours le nez en l’air à découvrir les plus beaux mascarons du XVIIIe siècle, à comprendre la création du quartier Graslin, l’ergonomie de la cathédrale ou la rue de la Juiverie. »
Pourquoi Nantes et pourquoi « seulement » aujourd’hui ?
« Nantes a toujours été une ville pragmatique et qui comptait ses sous. Ce n’est plus le cas. Des gens ont mouillé le maillot. L’Éléphant et les Machines de l’île, c’est audacieux, malin, intelligent. Tout ce que la ville fait est « gratuit » dans le sens où ça ne sert à rien au premier abord. Mais en réalité, comme l’Éléphant, ça devient un phare de la ville. C’est une métropole en mouvement, qui avance. Ici, ce n’est jamais fini, on n’a pas rangé les outils. Il n’y a pas de calcul, on le fait aujourd’hui parce qu’il y a 20 ans, ce n’était pas possible. »
Stéphane Pajot
stephane.pajot@presse-ocean.com
Le guide du Routard, Nantes. Sortie en avril 2011.
Tirage : 30 000 exemplaires.
Prix 9, 90 €.
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