Nord Loire
mardi 17 mars 2009 Mauves-sur-Loire. Nathalie Terrien se reconvertit et vient de créer son « auto-entreprise »
Nathalie redonne vie aux vieilleries
La nouvelle Malvienne présente ses créations et restaurations en plein centre bourg.
Dans son atelier, la jeune femme de 32 ans, se lance dans la création et le relookage de meubles.
Lorsqu'elle ramène ses trouvailles à la maison, son mari n'est pas toujours rassuré :
« Tu es sûre, vraiment ? » Les vieux meubles dégotés par Nathalie n'ont pas toujours le charme de l'ancien, mais la jeune femme sait en faire des merveilles. La chine, Nathalie est tombée dedans quand elle était petite.
« Je viens d'une famille de collectionneurs : mes parents me traînaient toute petite dans les brocantes. À l'époque, ce n'était pas mon truc. » Mais il y a eu ce grand-père bricoleur qui lui a passé le virus et lui donne encore quelques conseils.
« Je suis devenue une touche à tout » Bijoux, céramique, Nathalie aime fabriquer des choses. Mais elle n'a pas toujours pensé en faire son métier.
« Au départ, je me suis lancée dans une école de notariat et puis j'ai décroché un travail dans l'immobilier. » Nathalie est ensuite devenue responsable d'un service locatif à La Baule. « L'entreprise a fermé et j'ai trouvé un travail de vendeuse dans une boutique de vêtements. » Un job provisoire qui a finalement duré jusqu'à la fermeture de l'enseigne. Là, Nathalie est devenue maman et a décidé de faire le point sur ses envies professionnelles.
Un déclic grâce à l'ANPE
Et le déclic s'est produit à l'occasion d'un rendez-vous à l'ANPE : « La conseillère était très sympa : elle m'a demandé ce que j'aimais faire dans la vie. En discutant, je lui ai expliqué qu'il m'arrivait de retaper des meubles. Elle m'a proposé d'en faire mon métier. » Surprise, Nathalie n'a pas dit non, acceptant un entretien avec un consultant. « Quelques semaines plus tard, mon dossier était monté. Tout a été très vite. » Parallèlement, Nathalie et son mari ont racheté une maison de famille à Mauves, avec une adorable dépendance. « L'Atelier de Nath » était né.
Risques minimums
Une société de restauration, de création et relookage de meubles au statut très particulier : « Il s'agit d'une auto-entreprise, un dispositif créé au 1er janvier. » Ouvert aux étudiants, salariés, professions libérales, retraités, demandeurs d'emploi, ce système permet de se mettre à son compte sans prendre de risque. « Les charges sont payées mensuellement et uniquement si je fais du chiffre d'affaires. Je ne paye pas de TVA et je n'ai pas besoin d'être inscrite sur le registre de la chambre des métiers et du commerce. » Une sorte d'incubateur ou de « tremplin » pour la jeune femme. Une condition cependant : « Je ne dois pas faire plus de 80 000 € HT de chiffres d'affaire pour la vente et pas plus de 32 000 € HT pour les prestations de services. Mais avant d'en arriver là... »
Sophie Trébern
sophie.trebern@presse-ocean.com
Repères
Atelier de Nath
14, rue de la Côte-Saint-Denis à Mauves.
Tél. : 06 62 32 27 68.
Ouvert les mercredi et samedi de 10 h a et de 14 h à 18 heures
http://www.latelier2nath.
canalblog.com
« Ce statut d'auto-entreprise permet de se lancer sans risque »
A lire également
Loire-Atlantique
La Vache Rit. Un hangar de tôle au milieu d'une ferme, sur la route Notre-Dame/Vigneux. Et un lieu symbolique de la lutte anti-aéroport, puisqu'il se trouve là où demain, peut-être, s'installera un aéroport international.
« La voix de la raison »
Dans le cadre de sa tournée des régions, le patron du MoDem, François Bayrou, y a chaussé les bottes, discuté agriculture (un petit peu), politique (un peu plus) et projet d'aéroport (beaucoup). Au milieu de ces bocages, de ce qu'il a lui même défini comme « poumon vert formidable pour la région », il a attrapé au vol les arguments des militants anti-transfert. Naturellement sensible à la disparition des zones agricoles - ici 1 600 ha - il a fustigé « la vraie raison de ce projet, qui est de vouloir faire de la promotion immobilière au sud ». Il tacle au passage PS et UMP, qui s'accordent sur ce sujet et surtout, selon François Bayrou, sur « un mode de pensée : celui des grosses constructions et des gros budgets ».
« Un sujet formidable ! »
S'adressant à Patricia Gallerneau, tête de liste MoDem pour les prochaines régionales, il s'enthousiasme : « Vous avez ici un sujet formidable, où l'on met en avant notre différence d'opinion ! » Alors pourquoi ne pas s'allier avec Europe Écologie, eux aussi contre ce projet ?
« Parce qu'ils ont déjà annoncé qu'ils s'allieraient avec le PS au second tour » répond, du tac au tac, un François Bayrou revigoré par l'air frais landais. Et concernant les difficultés à réunir une liste MoDem pour les Pays de la Loire ? « On ne peut pas être dans cette famille politique et récuser son indépendance. C'est la clé même de notre existence ! ».
Symbole de cette liberté, François Bayrou a intégré le comité des élus qui doutent. « Car pour douter, il faut être indépendant ».
Mathilde Clavier-Bourgine
mathilde.clavier@presse-ocean.com
LA BAULE
Va-t-il falloir parler tout bas quand on invite des amis à dîner ? C'est la question que doit se poser cette lycéenne de 16 ans qui projetait un petit dîner peinard à six avec l'autorisation de papa (pas là ce soir-là). C'était vendredi soir dans un immeuble de l'avenue Olivier-Guichard à La Baule. Vers 22 h, des gens pas invités ont rappliqué dans cet appartement.
Vols, tags, vitre brisée
Comment ? Parce qu'une personne a eu connaissance de ce dîner et en a fait un événement sur le réseau social Facebook. Une escouade de fêtards a donc débarqué, puisque sur les quatre mains courantes que la police a faites, il est mentionné jusqu'à 200 personnes -chiffre à confirmer. Pas toutes dans l'appartement bien sûr, mais aussi dans la cage d'escalier et dehors. Face à une telle foule, la police est bien prise de court. Appelée par l'habitante des lieux, elle est néanmoins parvenue à virer tout ce petit monde mais a été mobilisée sur cette affaire toute la nuit. Une fois le calme revenu, la jeune fille et son père ont pu constater des vols de livres, des tags sur les murs, une vitre brisée, bref un week-end à nettoyer tout ça.
Cette péripétie nocturne n'est pas sans rappeler une autre soirée qui avait mal tourné toujours à La Baule le 24 octobre. Là encore, les jeunes occupantes des lieux avaient invité une trentaine de personnes et une centaine de fêtards avaient forcé la porte. Quelques jours plus tard, une jeune fille de 17 ans avait déposé plainte pour agression sexuelle en marge de cette soirée. Qui a dit qu'on se faisait des amis sur Facebook ?
M.C.
Nantes
Sauf surprise, les éboueurs nantais devraient tous reprendre le travail ce matin, à l'issue d'une ultime assemblée générale dans leur dépôt de la Morrhonnière.
Hier, une délégation de grévistes a été reçue par Jean-Marc Ayrault. Le président de Nantes Métropole a confirmé que la décision de localiser le service public de la collecte sur trois sites, à l'horizon 2013, était « définitive et irrévocable ».
Mais il a aussi indiqué que l'extension de la collecte en bacs jaunes à de nouveaux quartiers, à l'automne 2010, serait confiée à la régie communautaire. Même promesse concernant le système Tri'sac (sacs bleus et jaunes) qui sera étendu en 2013 à certains quartiers de Saint-Herblain, Orvault, Saint-Sébastien et Rezé. Dans ces communes, la collecte est actuellement assurée par deux opérateurs privés, Véolia et Sita-Suez.
Rassurés
Ces annonces devraient rassurer des éboueurs qui, pendant le conflit, n'ont eu de cesse de dénoncer un risque de privatisation du service.
« Avec l'extension de la régie à des communes extérieures à Nantes, on se situe dans une perspective de développement du service public », se félicite Pascal Lemerle, de la CGT. Sans préjuger de l'issue de l'assemblée générale prévue ce matin, ce dernier estimait hier que ces éléments étaient « de nature à satisfaire [ses] collègues » éboueurs. En clair, la poursuite de la grève ne se justifie plus. D'autant que, sans blocage du dépôt de la Morrhonnière, désormais interdit sous peine d'une astreinte de 500 € par heure, le mouvement serait difficile à tenir.
À plein régime
Le ramassage des ordures a redémarré dès hier dans le centre-ville et certains quartiers d'habitat vertical, avec une vingtaine de camions. Il devrait reprendre à plein régime, ce matin, dans les quartiers habituellement collectés le mardi, et demain dans les autres.
« On repart sur les tournées normales afin de ne pas perturber les usagers », indique Philippe Marest, directeur général des services urbains à Nantes Métropole.
Mais il faudra plusieurs jours pour enlever les milliers de tonnes de déchets accumulés depuis une semaine dans les rues et les locaux poubelles.
« Les bennes vont rallonger leur tournée pour rattraper le retard, indique Bernard Bolzer, l'élu en charge du personnel. Tout devrait être revenu dans l'ordre en fin de semaine ».
Xavier Boussion
On y a cru. Normal, un petit Nantais de 15 ans, prince de la clarinette et nommé aux Victoires de la Musique classique, ça n'arrive pas tous les jours. Même le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault et le créateur de la Folle Journée, René Martin, y étaient allés de leur couplet pour encourager le prodige. Certains sont prophètes en leur pays, Raphaël Sévère l'est. « C'est dommage pour tous les gens qui m'ont soutenu », relativise Raphaël. « Mais en même temps, le pianiste David Kadouch joue très bien et je suis content que ce soit lui qui ait décroché cette Victoire de la musique ». Hier soir, avant l'émission filmée depuis Montpellier, le clarinettiste a eu tout loisir de répéter et surtout d'apprendre une bonne nouvelle à défaut d'une victoire.
« Le bac en juin ! »
René Koering, directeur de l'Opéra de Montpellier l'a en effet engagé pour donner un concert avec l'orchestre national de Montpellier Languedoc-Roussillon. Une prestation qui s'ajoute à une longue liste, dont le festival des Forêts à Compiègne (le 3 juillet) avec l'orchestre de Picardie, le 6e festival de Wissembourg (Alsace) en septembre. Et avant ? « Le bac en juin ! », confie Yves Sévère, son père et plus grand fan. « Il a pris du retard en philosophie, il va essayer de le rattraper ». En attendant, la cote de Raphaël ne cesse de grimper dans l'univers de la musique classique. « Il représente toute une région », dit encore Yves Sévère. « On l'a senti dans cette fabuleuse mobilisation autour de lui. Ce soir, je ressens de la fierté par rapport à sa réaction. Raphaël a été chagriné non pour lui-même mais pour tous ceux qui ont cru en lui, tous ceux qui ont voté son nom ». Mais le plus important, n'est-il pas d'avoir pu jouer « devant 2 à 2, 5 millions de téléspectateurs », poursuit-il. Vrai. Jamais Raphaël Sévère n'aura autant été exposé, médiatiquement parlant, que depuis sa participation aux 17e Victoires de la Musique classique.
Stéphane Pajot
Sud Loire
Les communes de Basse-Goulaine et Saint-Sébastien, porteuses du projet de piscine intercommunale - ouverture des bassins prévue au 1er trimestre 2013- viennent de choisir leur programmiste. Il s'agit du cabinet parisien ISC, déjà créateur des structures de Sablé, Tours et Dinan. Il planchera sur l'aménagement de l'équipement qui s'implantera sur un terrain de 1,3 ha, près de la zone Pôle Sud à Basse-Goulaine. « La piscine répond à un besoin énorme dans le Sud-Loire, explique Alain Vey, le maire. Sur les deux communes, cela concerne 95 classes de primaires et 20 classes de 6e mais la structure accueillera, bien sûr, aussi le grand public et les clubs de natation ». Mi-mars, des réunions de concertation sont programmées entre ISC et l'ensemble des partenaires (1).
Un schéma classique
Le SIVU (Syndicat intercommunal à vocation unique) -créé en octobre dernier- vient de voter le budget : 10,4 M€ dont 3, 5 M€ du Conseil général, le solde étant à la charge des communes et calculé au prorata de leur population respective. « Il faudra travailler avec cette enveloppe et s'y tenir, remarque Joël Guerriau, le maire de Saint-Sébastien. Nous allons rester dans un schéma de piscine classique ». Pas de sauna, ni de hammam, mais trois bassins de 25 m dont peut-être un « extérieur ». Les édiles misent néanmoins sur une structure évolutive mais annoncent d'emblée un équipement « respectueux de l'environnement notamment en terme d'économies d'énergies ». Le chantier démarrera en janvier 2011. Deux ans plus tard, les nageurs pourront effectuer leurs premières longueurs.
Françoise Refloc'h
(1) Basse-Goulaine, Saint-Sébastien, Conseil général, Jeunesse et sport, FFN, Ademe et enseignants.
La célèbre revue Bonne Garde se porte bien malgré ses 60 années. Le 13 février, elle sonnera les trois coups pour une suite de 25 représentations. Cette année, le thème porte sur la crise... mais de rire. Car quels que soient les événements, l'objectif de cette revue a toujours été d'activer le zygomatique ! Mais qui se cache derrière ces sketchs humoristiques ? L'un des auteurs est bien connu des Sébastiennais. Son nom : Jean-Michel Couraud. Âgé de 57 ans, il a enseigné pendant un quart de siècle à l'école de la Profondine. La face cachée de ce créateur est impressionnante. Il est issu d'une famille de théâtre, du côté de sa maman surtout. Le « petit » Jean-Michel a connu très tôt les coulisses du spectacle. Et plus grand, ses parents l'ont inscrit aux cours d'art dramatique.
Première pièce en 1973
Des 1973, il écrit sa première pièce de théâtre (il en est à sa quatrième aujourd'hui). Jeune homme, il joue du Feydeau, réalise des mises en scène, chante... Pendant treize ans, avec ses copains de théâtre, il fait partie de la revue de la Cloche où il écrit aussi des sketchs. C'est en 2001 qu'il intègre la revue Bonne Garde, comme auteur, metteur en scène et directeur artistique. « On est plusieurs à créer des sketchs, raconte Jean-Michel Couraud. J'ai aussi des «rabatteurs» qui me soufflent des idées. Je lis particulièrement la presse, en retenant d'abord un titre qui m'accroche ». Et de citer des exemples : « Le FC Nantes bonjour » devient avec lui : « Le FC Nantes au revoir ». Ou bien « Les aiguilleurs du ciel nous protègent » devient « Les aiguilleurs du ciel nous protègent des parachutes politiques ». « La réécriture est nécessaire. Je teste le résultat auprès de ma famille et au cours des différentes réunions d'auteurs ». Et d'expliquer que cette année, pour le thème de la crise, « l'image de deux bébés posant des questions sur ce sujet a été retenue. Les messages sont plus faciles et plus rigolos à faire passer. Car il ne faut pas oublier qu'on s'adresse à des adultes qui viennent voir le spectacle pour rire et non pas pour recevoir des leçons ».
Des retouches jusqu'au dernier moment
D'une année sur l'autre, il voit fonctionner les comédiens. Et là aussi, ça lui donne des idées ! « Même lors de la générale présentée quelques heures avant la première représentation, on fait des retouches en fonction des réactions du public ». Il arrive qu'au cours de la revue, des comédiens dérogent au texte tout en gardant sa philosophie. « C'est génial », sourit l'auteur. Le deuxième défi important pour Jean-Michel Couraud, c'est sa responsabilité de directeur artistique (sauf pour les ballets). « Je gère la situation de la création à la réalisation : comédiens, décors, arrangements musicaux... ». Il trouve encore du temps pour écrire les sketchs pour automates, pour le Noël magique de La Baule. Et enfin, il peaufine sa quatrième pièce de théâtre Le gang des caramels, qui sera jouée en novembre 2010 à Bonne Garde dans le cadre des « Mardis nantais du boulevard ». « Il ne faut pas que je me rate, vu les pointures qui sont passées avant moi dans cette salle », souffle-t-il.
Denis Bourdeau et Jacques Mercier
Erdre et Gesvres
La loi oblige les communes de plus de 5 000 habitants à créer une aire d'accueil des gens du voyage. Vigneux-de-Bretagne, avec ses 5 260 habitants, doit donc se plier aux règles du schéma départemental d'accueil des gens du voyage.
Sur le territoire intercommunal, Nort-sur-Erdre, Treillières et Sucé sont déjà équipées. Et Vigneux s'est préparée : « Un terrain de 5000 m2 est déjà inscrit au Plan local d'urbanisme » explique son maire, Philippe Trotté. « Il se situe au village de la Gare, entre la Paquelais et Notre-Dame ».
Entre Notre-Dame et Vigneux
Mais ce terrain, outre le fait qu'il pourrait, demain, voir passer le tram-train, pose un problème : « Il est un peu trop loin du bourg » reconnaît le maire, qui voit là une contrainte forte « pour la scolarisation des enfants ».
Un problème qu'il ne semble pas être le seul à se poser, puisque lors du dernier conseil municipal de Notre-Dame-des-Landes, les élus locaux ont voté leur désaccord face à l'installation de ce terrain situé en bordure de leur commune, sous prétexte que « le terrain est plus près du bourg de Notre-Dame que du bourg de Vigneux ». Et donc que les enfants viendraient se scolariser à Notre-Dame plutôt qu'à Vigneux.
De 5 à 8 emplacements
Conscient de ces contraintes, le maire et ses conseillers cherchent un nouveau terrain. « Mais il n'y a pas beaucoup d'autres possibilités » admet Philippe Trotté qui sait en plus « qu'il faudra convaincre les propriétaires des terrains ». Et qu'il ne faudra pas prévoir 5 emplacements, comme décidé préalablement, mais 8. Une extention de capacité qui fait tiquer le maire. « Certaines communes de Nantes Métropole ne respectent pas les règles ! Elles disent ne pas avoir d'espace... Alors évidemment, nous, sur Erdre et Gesvres, puisqu'on a un peu de foncier... »
Une autre aire pour les hospitalisations !
Une première version du shéma départemental prévoyait même une aire d'accueil spécifique pour les périodes d'hospitalisation. « On sait que quand une personne du groupe est hospitalisée, la communauté le rejoint en cherchant un lieu au plus près ». Pour ce projet, c'est cette fois 3 ha pour 50 emplacements qui était prévue... à Vigneux ! « Alors là j'ai réagi ! 50 emplacements, ça peut aller jusqu'à plus de 200 personnes ! Il faut que les communes de Nantes Métropole prennent leurs responsabilités ! ». Un coup de colère qui a été entendu, puisque cette aire serait déplacée sur le territoire métropolitain.
Deux ans pour réaliser les travaux
En attendant, rien ne presse pour la création de l'aire d'accueil à Vigneux. Le schéma départemental prévoit deux ans pour se mettre aux normes, et l'intercommunalité (qui a la compétence) devrait inscrire ce projet au Contrat de territoire à venir. soit une réalisation pour fin 2011, pas avant.
Vignoble
Au bout du village, la petite route se transforme en sentier pédestre. La voiture n'ira pas plus loin. À gauche, la Sèvre nantaise coule à perdre haleine. À droite, Gabriel Neau reprend son souffle. La mémoire de Gervaux négocie les dernières marches d'un long escalier accroché aux rochers. Tout là-haut, sur le coteau, sa maison domine la rivière et sa verte vallée. « En pleine nature au beau milieu du bourg », résume le Clissonnais dans un grand éclat de rire.
Gabriel Neau est un enfant de Gervaux. Le digne héritier d'une lignée de meuniers installée là depuis 1652. « Les premiers ont même débuté sur la Sanguèze, à Mouzillon. » Lui sera le dernier. « J'ai produit de la farine jusqu'à mon départ à la retraite, en septembre 1987. J'avais 61 ans. » À bientôt 84, le meunier est toujours fidèle au poste. Pas un jour ne passe sans donner un tour de clé. Derrière la porte, son moulin à farine est toujours en état de fonctionner. « Je viens souvent y bricoler. C'est un peu mon petit musée. » Derrière la roue à aube, sous un vieux sac de toile ou dans les zigzags des courroies surgissent « des tas de souvenirs ». Les choses du passé. « D'une vie au rythme de la rivière ».
« Une rivière vivante »
L'oeil clair rivé sur la chaussée inondée : « Elle a bien changé. Ce n'est plus la Sèvre de ma jeunesse. » Celle qui donnait vie aux 140 moulins qui surplombaient ses rives. Celle qui, parfois aussi, tombait en rade. « Il y avait de vraies périodes d'étiage. » Plus une goutte d'eau pour actionner les machines. « Alors, des plages de graviers se formaient, les joncs poussaient et le poisson s'adaptait. C'était une rivière vivante. »
L'éternel béret vissé sur la tête, Gaby se souvient encore : « Ici je produisais 50 quintaux de farine par jour. Je faisais en un an ce que les minoteries modernes font en 24 heures. » Sa petite affaire régalait les boulangers du cru et jusqu'à Nantes.
Son univers, Gabriel Neau l'ouvre de temps en temps au public. « Je reçois lors des Journées du patrimoine. Parfois des touristes poussent aussi la porte. » Il raconte alors l'incendie de 43, la reconstruction, la machine à vapeur « jusqu'en 32 », le moteur Diesel et l'électricité. Autant d'innovations que la minoterie aura vu défiler.
« Je la conserve en l'état pour montrer ce que pouvait être un moulin de l'époque. Après moi, cela continuera ou cela changera. Ainsi va le temps. » Au rythme de la Sèvre.
Rémi Certain
La Sèvre industrielle
Dans le cadre de son Université sur lie, le Pays du Vignoble nantais organise une conférence consacrée aux « moulins et usines de la Sèvre nantaise » mercredi 10 février, à 20 h 30, dans la salle des mariages de la Garenne Valentin, à Clisson.
Claudine Borrel, de l'Association de la Sèvre nantaise et ses affluents, exposera les activités, les histoires et les architectures de ces moulins et usines hydrauliques. Elle abordera aussi les conséquences de leur abandon, leurs nouvelles attributions et le travail de mise en mémoire de leur vocation première.
Entrée libre.
Saint-Nazaire
L'objectif est atteint. En créant, en 2002, Lagrene, les agriculteurs de la région nazairienne et de l'Estuaire souhaitaient « faire connaître et reconnaître l'agriculture locale. » Après huit années de présidence, Alain Geffroy s'apprête à passer la main. Avec le sentiment du devoir accompli.
« La priorité était de dresser un diagnostic et établir un état des lieux de l'agriculture locale pour le faire remonter jusqu'aux élus de la Carene notamment. » Le constat « en a surpris plus d'un ». Les agriculteurs représentent 2 % de la population active mais s'étendent sur 40 % du territoire. « Cela prouve l'importance de la profession mais également notre fragilité. Si les surfaces se réduisent, une certaine partie de la population agricole deviendrait encore plus vulnérable. »
Des zones dédiées
Alors les administrateurs de Lagrene se sont rapprochés des élus des communautés de communes concernées. Avec un objectif prioritaire. Identifier et inscrire dans le marbre, via le Scot, des zones qui ne pourront pas sortir du domaine agricole. 14 000 hectares sont identifiés. « Elles resteront consacrées à la pratique agricole pendant au moins vingt ans. Pérenniser ces zones nous permet de gagner en lisibilité, conserver notre dynamisme et notre attractivité mais aussi séduire de jeunes agriculteurs. » Le maintien d'une agriculture performante passe par là. Lagrene peut maintenant se lancer dans de nouvelles études, un inventaire sur les zones humides d'ailleurs déjà est en cours. De même qu'une concertation sur la thématique des déchets.
N.A.