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Encore un rebondissement dans le feuilleton Malinéo. Après des ventes aux enchères houleuses (photo), les victimes ont été convoquées par erreur au tribunal.
Archives Presse Océan
Hier, dès 9 h, quelques petits escroqués se présentent au tribunal de Nantes (nos éditions de mardi dernier). Un peu perdus dans le bâtiment, ils attendent patiemment leur tour. Tous sont là pour assister à l'audience de l'ancien patron de Malinéo. Tous ont acheté des appareils électroménagers à cette enseigne bouguenaisienne, aujourd'hui fermée, sans jamais les recevoir.
Pour cause, Malinéo est placé en liquidation judiciaire quelques jours après leurs achats, le 6 juin 2007.
« On ne devrait pas être là »
L'ancien patron doit maintenant répondre de détournements de fond pour une valeur de 38 000 €, une trentaine de victimes se sont constituées partie civile. Il est entendu en comparution sur reconnaissance préalable, dite de « plaider coupable ». Alors que les victimes patientent depuis une heure et demie, la nouvelle tombe par hasard. « On ne devrait pas être là, ce n'est pas une audience qui nous concerne », rapporte Michel, consterné, alors qu'il voulait se renseigner sur l'horaire de passage de l'affaire.
Tous les plaignants se précipitent sur le magistrat qui vient de délivrer l'information. Coïncidence, il s'agit de l'avocate du patron de Malinéo. « Il y a visiblement eu une erreur du greffe, répète-t-elle aux victimes impatientes. Vous n'auriez pas dû recevoir de convocation. Seul le liquidateur judiciaire est concerné par cette audience ». « C'est pas possible », souffle Magali qui a pris un jour de congés pour assister au procès qu'elle attend depuis un an et demi.
« Trompés par la justice »
L'avocate sent la tension et appelle la greffière. Cette dernière confirme l'erreur et s'excuse. Entre-temps, les victimes ont repéré leur homme : le prévenu attend l'audience dans un coin. Interpellé par les plaignants, il ne répond pas. Son avocate se charge de séparer les deux parties.
Les victimes auront du mal à digérer l'épisode. « C'est inadmissible. On nous a convoqués pour attendre deux heures dans un couloir, fulmine Nicole. On a encore été trompés, et par la justice cette fois ». « On nous a dit qu'on aurait des nouvelles bientôt », complète Magali. Le jugement de l'audience d'hier a été mis en délibéré.
E. M.
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