Plan national d'urgence Piratair
« C'est le tout premier exercice de cette ampleur à l'aéroport de Nantes », confirme Michel Vilbois, directeur de cabinet du préfet des Pays de la Loire. L'opération, organisée dans le cadre du plan national d'urgence antiterroriste Piratair, était d'ailleurs classée « confidentiel défense », la divulgation de certaines informations liées à son déroulement étant de nature à nuire à la défense nationale. « Les conditions d'intervention du GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) et de la police judiciaire, par exemple, n'ont pas vocation à être connues », fait valoir Michel Vilbois.
Impossible donc d'approcher de l'ATR 42 stationné sur le tarmac et à bord duquel, selon le scénario établi, un commando armé de quatre terroristes retenait en otage une quarantaine de passagers, joués pour l'occasion par des étudiants de l'institut de soins infirmiers de Saint-Sébastien-sur-Loire et de l'école de police de Saint-Herblain.
Impossible également de suivre l'activité du PC crise dans lequel le GIGN, les services de la préfecture, de la police, de la gendarmerie, des pompiers, de la justice ou encore de l'aéroport joignaient leurs efforts pour coordonner les secours et tenter de trouver une issue favorable à la prise d'otages. « Mesurer la qualité des relations entre ces différents services est un objectif essentiel de ce type d'exercice », pour lequel plus de 150 personnes étaient mobilisées.
Contexte émotionnel très fort
Impossible enfin d'assister à l'accueil des familles et des proches des passagers séquestrés, à la prise en charge des otages libérés au fur et à mesure de l'exercice ou à la mise en place de la cellule psychologique. « Il est intéressant de pouvoir tester tous ces dispositifs et l'ensemble de nos équipes dans un contexte émotionnel très fort, et d'identifier d'éventuels points de progrès sur les procédures à suivre ou la logistique », explique François Marie, le directeur de l'aéroport.
Après presque quatre heures d'exercice et un dénouement heureux avec la libération des otages, le débriefing a d'ailleurs duré près de deux heures. Et encore : la simulation a ses propres limites. « Le trafic n'a pas été arrêté alors qu'il le serait dans un tel contexte, avec jusqu'à 20 000 passagers à gérer un jour de grande affluence. Nous n'avons pas non plus testé la communication auprès des médias dans pareille situation », explique François Marie. Pourquoi ? « Confidentiel défense ».
Jérôme Jolivet
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