Ouverte sur l'estuaire
mercredi 25 novembre 2009
- Saint-Nazaire
L'ancienne usine élévatoire, dont la cheminée en briques rouges domine le Petit-Maroc, fait partie du patrimoine nazairien. Photo A. Jaffré
Face à la Loire, une vitrine de l'estuaire. Le principe est acté par la Région, la Carène et le Port.
C'était la nouvelle du jour. Hier, les présidents de la Région et de la Carène ont mis à profit leur journée de visite du territoire et la signature d'un contrat pour annoncer leur projet concernant l'usine élévatoire, située près de l'écluse et face à la Loire.
« Nous avons acté d'utiliser cet espace portuaire pour y installer une vitrine de l'estuaire », a lâché, Jacques Auxiette. Ce n'est pas la première fois que le sujet est abordé entre les deux présidents. Mais la Solidaire du chocolat a été l'occasion d'admirer le bâtiment depuis la Loire, à bord du Belem. L'idée, c'est qu'à l'issue du procès de l'Erika, « nous puissions utiliser les sommes versées pour des actions en faveur de la biodiversité ».
Ouvert au grand public
L'usine élévatoire serait « une vitrine parfaite », « tête de pont de l'estuaire ». Elle intégrerait les activités humaines, portuaires et industrielles de l'estuaire « et montrerait l'estuaire sous tous ses aspects », poursuit Joël Batteux. Le président de la Région, également à la tête du Groupement d'Intérêt Public qui réunit quatorze chercheurs, verrait d'un bon oeil « la mise en scène de la recherche avec d'autres scientifiques ». Ce lieu dédié à la biodiversité de l'estuaire serait « ouvert au grand public ».
L'usine qui pompait
Le bâtiment est reconnaissable à sa grande cheminée en briques rouges et à son horloge. Construite en 1904, l'usine élévatoire a été mise en service en 1911. Durant des années, elle avait pour mission de maintenir le niveau d'eau dans les bassins afin que les bateaux puissent rentrer sans talonner (toucher le fond). Au départ, elle fonctionnait à l'aide de pompes à vapeur, remplacées plus tard par un système électrique. Il a fallu attendre 1993 et la modernisation du port pour que l'usine élévatoire soit... mise à la retraite. Désormais, ce sont des pompes immergées qui remplissent le bassin. Le bâtiment est resté la propriété du Port autonome. Un temps, la Ville avait évoqué la possibilité d'y installer l'Écomusée. À partir de 2002, c'est la société Dragages ports qui a loué les 900 m2 du site.
Groupe de pilotage
Un groupe de pilotage va se mettre en place ; des financements sont envisagés avant les élections régionales. Les élus communautaires n'ont pas tous apprécié la nouvelle. En particulier les Verts qui étaient remontés parce qu'ils n'ont pas pu s'exprimer après la déclaration politique sans équivoque du président de la Région sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils trouvent l'initiative de créer cette Maison de l'estuaire « curieuse ». C'est « le fait de princes » ! Joël Batteux a répondu : « Je sens une certaine amertume des Verts de ne pas avoir eu cette idée-là ».
M. Vaillant-Prot