Quand la ville fouille son passé
mardi 30 juin 2009
- Sud Loire
Dans le parc de l'ancienne maison de retraite, on a mis au jour une basilique paléochrétienne du VIe siècle.
Les fouilles archéologiques menées depuis 17 ans traduisent l'intérêt que porte la Ville à valoriser son passé.
1 Fouilles : à quoi ça sert ?
Que cherche-t-on à Rezé ? À quoi ça sert de fouiller le passé ? Peut-on concilier facilement les envies d'un maire passionné de mettre au jour du patrimoine capable de susciter l'in-térêt du grand public et l'élaboration d'un programme scientifique peut-être moins accessible ?
Ces questions - et beaucoup d'autres - serviront de fil conducteur au débat public organisé mercredi à 18 h 30, à la Maison des projets (entrée libre). Ophélie de Peretti, archéologue municipale, observe : « Beaucoup de gens ont le sentiment - à tort - que l'archéologie ne les concerne pas ».
2 Une archéologue dans la cité
En septembre 2004, Rezé a recruté Ophélie de Peretti. Avant la création de ce poste d'archéologue municipale, aucune commune de l'agglomération n'avait franchi le pas. Cette année, Nantes s'est à son tour lancée dans l'aventure. Les fouilles archéologiques ont toutefois un coût pour Rezé : 30 000 € par an.
Dans le cadre de la campagne de fouilles 2009, la collectivité est aidée par l'État (30 000 €), le Conseil régional (15 000 €) et le Conseil général (9 000 €).
3 Quand Ratiatum se dévoile
Rezé est bâtie, en partie, sur les vestiges d'une ville gallo-romaine : Ratiatum. Une cité portuaire et commerciale prospère, dotée d'ateliers et de maisons. Une nouvelle campagne de fouilles a démarré voilà quinze jours sur le site de la chapelle Saint-Lupien. La dernière trouvaille en date est toute fraîche : « Les murs de thermes probables, avec des briques et des moellons, ont été découverts dans un état de conservation remarquable », rapporte Ophélie de Peretti.
4 Une basilique aux Champs-St-Martin
Des fouilles préventives ont également été menées sur le site de l'ancienne maison de retraite de la Tanière, aux Champs-Saint-Martin. En 2001, elles ont permis de mettre au jour une basilique paléochrétienne du VIe siècle. Cette découverte conforte l'hypothèse d'un évêché établi dans la commune il y a plus de 1 500 ans.
Ce riche passé sera abondamment commenté demain soir à la Maison des projets, qui accueille jusqu'au 18 juillet l'exposition « Embarquez pour Ratiatum, à la recherche du port antique ». Et pourrait déboucher sur la création d'un centre d'interprétation du patrimoine.
Denis Bourdeau