Rania : l'attente insupportable
mercredi 30 septembre 2009
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Avant de vivre à Nantes, Rania, domiciliée dans le quartier du Breil, a vécu à Biskra (Algérie), Nice mais aussi dans l'est de la France.
Le parquet a ouvert une information judiciaire pour disparition inquiétante. Témoignage de la mère de Rania.
NANTES
La nuit, je ne dors pas. Je n'arrête pas de me demander ce qui a bien pu se passer. » L'inquiétude et l'incompréhension tourmentent la mère de Rania, lycéenne de 17 ans disparue depuis plus d'une semaine. Lundi 21 septembre, elle a quitté le lycée Carcouët vers 14 h 30, après avoir pris connaissance de l'absence d'un professeur. Elle a emprunté le boulevard du Massacre en compagnie de deux camarades, puis a poursuivi sa route seule, en direction des Dervallières, prétextant « rendre visite à une cousine ». Rania n'a pas de famille dans ce quartier. « Pour moi, une amie lui a monté la tête, assène sa mère. Je ne vois pas ce qui a pu arriver. Je suis perdue, choquée... »
L'été en Algérie
Rania, dit sa mère, est « très calme et sérieuse » et « ne sort jamais ». L'an passé, elle faisait de la boxe au collège. Elle a prévu de faire du karaté à cette rentrée. Elle adore dévorer « les romans comme Roméo et Juliette » et est « passionnée par l'espagnol ». Un contact établi sur internet pourrait-il justifier son départ ? L'hypothèse est jugée « peu probable » par sa mère, qui verrouille les échappées sur le web. « Rania reste devant l'ordinateur familial deux fois par semaine maximum. Jamais plus d'une heure. Elle ne peut pas accéder seule à internet. J'ai mis un mot de passe pour chacun de mes enfants et moi seule le connais. » Née à Biskra, Rania a la double nationalité : française et algérienne. Elle a vécu en Afrique du Nord, chez des grands-parents maternels, jusqu'à l'âge de 4 ans avant de rejoindre ses parents en France. Elle a passé un mois et demi dans sa ville natale cet été. « Elle voulait rester en Algérie car elle y adore la vie, témoigne encore sa mère. Là-bas, elle se sent à l'aise, les maisons sont grandes, mes parents ont un jardin. Ici, à Nantes, l'appartement est petit. » Pour autant, Rania n'a pas eu de coup de cafard à son retour, assure sa mère. « Elle veut faire médecine. Elle sait que les études sont importantes et pour elle, l'école c'est sacré. Si elle veut, plus tard, elle pourra exercer sa profession en Algérie. »
Portable hors service
A Biskra, Rania aurait été accostée dans la rue par un jeune homme de 18 ou 19 ans. Le jeune majeur a appelé la jeune fille à de nombreuses reprises. « Il a aussi au moins appelé deux fois depuis le retour de Rania en France, indique sa mère. J'ai dit à ma fille qu'il valait mieux se concentrer sur son travail et que si s'il continuait à l'embêter, alors elle ferait mieux de retirer la puce de son téléphone portable. Elle m'a dit qu'elle était d'accord et a enlevé sa puce. » De fait, lors de sa disparition, Rania n'avait plus de portable en sa possession. Pas d'argent non plus, ni de papiers. « À la maison, les enfants me demandent sans cesse : mais où est Rania ? reprend sa mère. Ils ont peur d'un enlèvement. Si cela pouvait être une fugue... L'important, c'est qu'elle revienne vivante... »
Yan Gauchard et Jérôme Jolivet
Repères
Numéro vert
Un numéro vert (0 805 700 744) a été ouvert dès hier soir pour recueillir de nouveaux témoignages et « centraliser toutes les informations utiles pour retrouver la jeune fille ».
Signalement
Rania mesure 1,69 m, pèse 63 kg, a des cheveux bruns mi-longs. Au moment de sa disparition, elle portait un tee-shirt gris à manches longues, un pantalon de sport noir et des baskets blanches. Elle n'a pas de lunettes, et ne porte pas de bijoux.