Le ton n'a jamais été si ferme. Jusqu'alors, la mairie, régulièrement sollicitée par la presse sur « le dossier Roms », ne s'exprimait que du bout des lèvres. Si elle prend la parole aujourd'hui, c'est qu'elle
« ne sait plus comment se faire entendre ! »
Pour résumer sa position sur le sujet, il y a quinze jours, Jean-Marc Ayrault, député-maire, parlait d'
« humanité et de fermeté ». Ces derniers temps, les associations ne voient plus que de la sévérité dans l'attitude de la Ville, parlant même de
« marche arrière ». La preuve ? Il y a peu, une quinzaine de familles qui avait posé ses caravanes sur un terrain privé de l'île de Nantes, s'est retrouvée
« emmurée »
, pour reprendre les mots du collectif Romeurope. Les familles n'avaient pas été expulsées que déjà les tractopelles venaient bloquer tous les accès au camp.
« On n'a jamais vu ça ! », s'indigne une militante.
« Ils étaient là depuis quinze jours à peine ! J'y vois une volonté de la mairie de marquer le coup. » « C'est exactement ça ! »
, répond Gilles Nicolas, adjoint au maire.
« En accord avec le propriétaire, nous avons décidé de prendre des mesures dissuasives. On montre notre fermeté. » L'élu n'y va pas par quatre chemins :
« Puisque les mots ne suffisent pas, on a décidé de passer à l'action ! Toute occupation illégale sera sanctionnée. Il va falloir que ça rentre dans les têtes : ce n'est pas en faisant du forcing qu'ils y arriveront. Que les choses soient claires : la donne a changé. »« Il faut que ce soit dit ! »
Dix familles installées à Cheviré, « qui ont montré une vraie volonté d'intégration et n'ont pas eu de problème de comportement », auront droit à un logement social. Les autres ont rejoint le terrain conventionné de Sainte-Luce, qui comprend 25 emplacements. « Et c'est tout ! », martèle Gilles Nicolas. Tout nouvel arrivant se verra opposer une fin de non-recevoir. « Accueillir tout le monde n'est pas du domaine du possible. Il faut que ce soit dit et qu'on en prenne conscience ! », assène l'élu, qui chiffre à 1 400 le nombre de Roms installés dans l'agglo (*). Si ce n'est pas une marche arrière, c'est assurément un coup d'arrêt.
Anne-Hélène Dorison
(*) : Les assos le chiffrent à 800.
« La donne a changé. Il va falloir s'y habituer ! », prévient la mairie